Genève, le 16 février 2026 – L’Iran et les États-Unis reprennent leurs négociations indirectes sur le nucléaire, dans un contexte de tensions régionales persistantes et de menaces de la part de l’administration américaine. Ces discussions, qui se déroulent sous l’égide d’Oman, interviennent après une escalade des tensions suite au conflit de 12 jours entre Israël et l’Iran.
- Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Genève pour ce nouveau cycle de négociations.
- Washington souhaite élargir le cadre des discussions pour inclure le programme de missiles balistiques iranien et le réseau d’influence de Téhéran dans la région.
- Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a entamé des manœuvres militaires dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial du pétrole.
Les négociations reprennent après un échec précédent, exacerbé par les affrontements de juin dernier entre Israël et l’Iran. L’incertitude plane autour du stock iranien d’uranium enrichi à 60 %, qui s’approche dangereusement du seuil nécessaire à la fabrication d’armes nucléaires (90 %). Selon les dernières informations, Téhéran dispose de plus de 400 kilogrammes d’uranium enrichi à ce niveau.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a exprimé son espoir de parvenir à un accord lors de ces pourparlers.
« Le président Donald Trump préfère toujours des résultats pacifiques et négociés. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Rubio a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse en Hongrie.
Abbas Araghchi a indiqué qu’il rencontrerait Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), pour une discussion technique approfondie. Il a également souligné, via son compte X, sa détermination à obtenir un accord « juste et équitable », tout en rejetant toute forme de soumission face aux menaces.
« Je suis à Genève avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable. Ce qui n’est pas sur la table : la soumission avant les menaces. »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Parallèlement, Washington aurait envoyé son envoyé spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, ainsi que Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, à Oman pour des entretiens.
La situation est d’autant plus tendue que Donald Trump a récemment laissé entendre qu’un changement de régime en Iran serait « la meilleure chose qui puisse arriver ». Il a également confirmé le déploiement d’un deuxième groupe de porte-avions au Moyen-Orient, dans un contexte de pression militaire accrue.
« Un changement de régime en Iran serait la meilleure chose qui puisse arriver. »
Donald Trump, président des États-Unis
Les manœuvres militaires du CGRI dans le détroit d’Ormuz, qui représentent environ 20 % du trafic pétrolier mondial, ajoutent une couche de complexité à la situation. Les Gardiens de la révolution ont menacé à plusieurs reprises de bloquer ce détroit stratégique, bien qu’ils ne l’aient jamais fait. Ces exercices visent à renforcer la capacité de réaction rapide du CGRI face aux « menaces potentielles militaires et sécuritaires », selon les médias d’État iraniens.
Sources supplémentaires • AP, AFP