Publié le 19 février 2024 16:17:00. L’organisation humanitaire Sea-Watch a obtenu gain de cause devant la justice italienne, qui condamne Rome à lui verser une indemnité suite à la saisie controversée de son navire de sauvetage, le Sea-Watch 3, en 2019. Cette décision intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire italienne.
- Un tribunal de Palerme a ordonné à l’Italie de verser 76 000 euros à Sea-Watch pour « détention injustifiée » de son navire.
- L’incident remonte à juin 2019, lorsque le Sea-Watch 3 a accosté à Lampedusa malgré l’interdiction du gouvernement italien, après avoir secouru des migrants en mer.
- La Première ministre Giorgia Meloni a exprimé son indignation face à ce jugement, tandis que son gouvernement continue de chercher à limiter l’action des navires de secours en Méditerranée.
La justice italienne a donc donné raison à l’organisation allemande Sea-Watch dans son litige avec l’État italien. Selon la décision rendue par le tribunal de Palerme, plusieurs ministères – Intérieur, Transports et Économie – ainsi que les autorités siciliennes devront conjointement payer la somme de 76 000 euros à l’ONG, en plus des frais de justice. L’agence de presse Ansa a rapporté cette information mercredi.
Les faits se déroulent en juin 2019. Après avoir secouru des dizaines de migrants en Méditerranée, le Sea-Watch 3 a fait route vers l’île de Lampedusa. Malgré l’interdiction émise par le gouvernement italien, le navire a accosté, entrant en collision avec un bateau de police lors de sa manœuvre. Le Sea-Watch 3 a ensuite été saisi pour une période de cinq mois. Sa capitaine, Carola Rackete, avait été arrêtée suite à cet incident, mais les poursuites à son encontre ont été abandonnées en 2021.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réagi vivement à cette décision de justice, qualifiant le verdict d’« incompréhensible ». Dans une courte vidéo diffusée, elle a déclaré être « littéralement sans voix ». Il est à noter que Mme Meloni n’était pas en fonction au moment des faits, mais son gouvernement actuel, de droite, a fait de la restriction des activités des navires de secours en Méditerranée une priorité.
Cette décision intervient alors que le gouvernement italien s’apprête à adopter une nouvelle loi visant à instaurer un « blocus naval » pour empêcher les bateaux transportant des migrants d’atteindre les côtes italiennes. Les ministres se sont accordés sur ce projet de loi la semaine dernière, illustrant la détermination de Rome à contrôler les flux migratoires.
Sea-Watch a salué la décision de justice, la considérant comme une victoire pour la « désobéissance civile ».
« La loi est une fois de plus du côté de la désobéissance civile. »
Sea-Watch