Home Sciences et technologies L’objet interstellaire 3I/ATLAS a encore surpris. Il a accéléré et a commencé à briller en bleu

L’objet interstellaire 3I/ATLAS a encore surpris. Il a accéléré et a commencé à briller en bleu

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Publié le 4 novembre 2025. L’étrange comète interstellaire 3I/ATLAS, récemment détectée, révèle des comportements déconcertants lors de son passage près du Soleil. Des scientifiques observent un échauffement inhabituel et une coloration bleue inattendue, soulevant des questions sur sa nature profonde.

  • La comète 3I/ATLAS s’illumine et se réchauffe deux fois plus vite que la normale.
  • Une teinte bleutée significative est observée, contrastant avec la poussière rougeâtre.
  • Des millions d’années de radiation cosmique auraient altéré la composition de surface de la comète.

Une équipe de chercheurs de l’Observatoire Lowell et du Naval Research Laboratory des États-Unis a documenté une évolution spectaculaire de la comète 3I/ATLAS. Alors que le réchauffement dû à la proximité du Soleil transforme la glace en gaz, intensifiant la luminosité des comètes habituelles, 3I/ATLAS affiche une croissance de luminosité environ deux fois plus rapide que la moyenne. Cette accélération suggère un phénomène singulier à sa surface.

Selon des informations relayées par Universe Today, les scientifiques constatent une émission de lumière particulièrement bleue, alors que les poussières environnantes sont rougeâtres. « C’est un signe évident que les gaz contribuent à la luminosité visible, plutôt que la poussière », a précisé Ch’cheng Zhang, chercheur et auteur principal de l’étude. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce comportement anomale : sa composition intrinsèque, sa vitesse exceptionnelle ou encore des particularités acquises lors de son long périple interstellaire.

Parallèlement, une autre équipe de scientifiques a mis en lumière l’impact de la radiation cosmique sur la comète. Au cours de son voyage estimé à sept milliards d’années à travers la Voie lactée, 3I/ATLAS aurait absorbé une quantité considérable de rayonnement, modifiant profondément sa structure externe. Une croûte irradiée, d’une profondeur d’environ quinze à vingt mètres, se serait formée, éloignant la matière de surface de ses origines planétaires. Ces conclusions, publiées dans une étude pré-print sur arXiv et basées sur des observations du télescope James Webb et des simulations informatiques, suggèrent que la comète pourrait être particulièrement riche en dioxyde de carbone, formé par la conversion du monoxyde de carbone sous l’effet des rayons cosmiques.

Romain Maggiolo, chercheur à l’Institut royal d’aéronomie spatiale de Belgique, explique : « Il y a un changement très lent dans l’état physique de la glace de la comète 3I/ATLAS, mais cela a un effet très fort sur des milliards d’années ». Son équipe espère exploiter le passage le plus proche du Soleil pour recueillir davantage de données, dans l’espoir que le réchauffement libère suffisamment de gaz pour révéler la composition originelle du corps céleste. « Mais c’est peu probable », tempère Maggiolo, qui envisage d’analyser les différences entre les observations lors de son entrée dans notre système solaire et celles de son approche de l’astre solaire pour tenter d’en apprendre davantage sur son passé.

L’objet interstellaire 3I/ATLAS a atteint son point le plus proche du Soleil le 29 octobre et s’en éloigne désormais. Sa visibilité directe pour le grand public reste limitée par l’éblouissement solaire, mais la National Aeronautics and Space Administration (NASA) indique qu’elle devrait redevenir observable à partir de fin novembre ou début décembre, principalement via des télescopes professionnels.

Les chercheurs ont déjà établi que la comète provient d’une région différente de celle des précédentes visites interstellaires, Oumuamua et 2I/Borisov. Il est fort probable qu’elle soit issue du disque épais périphérique de la Voie lactée, marquant ainsi une première observation d’un tel objet dans cet environnement. 3I/ATLAS serait également plus ancienne que notre Soleil.

Comète 3I/ATLAS : Les faits clés

  • Première détection en juillet de l’année en cours.
  • Troisième objet interstellaire confirmé à traverser notre système solaire.
  • Possède un noyau glacé entouré d’un halo de gaz et de poussière.
  • Approchera la Terre dans la seconde moitié de décembre, à une distance de 270 millions de kilomètres.
  • La taille de son noyau est estimée entre 440 mètres et 5,6 kilomètres.
  • Sa trajectoire à travers le système solaire est une traversée, non une orbite liée à notre étoile, due à sa très haute vitesse.
  • Vole à 210 000 kilomètres par heure, la vitesse la plus élevée jamais enregistrée pour un objet extragalactique dans notre système solaire.

Sources : ESA, NASA

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