Publié le 2025-11-08 02:07:00. La Floride, sous l’impulsion du gouverneur Ron DeSantis, renforce sa politique visant à restreindre l’accès à la propriété pour les ressortissants de pays jugés hostiles par le gouvernement américain. Une loi, confirmée par la justice, interdit l’achat de biens immobiliers par des citoyens de sept pays spécifiques, suscitant la controverse.
- Une loi adoptée en 2023 interdit aux citoyens de Chine, Cuba, Venezuela, Iran, Corée du Nord, Russie et Syrie d’acquérir des propriétés en Floride.
- La loi précise que ces restrictions s’appliquent aux biens situés à moins de 16 kilomètres d’infrastructures critiques pour la sécurité de l’État.
- Des organisations de défense des droits civiques dénoncent une mesure discriminatoire qui pénalise les immigrants, notamment d’origine asiatique.
Le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, a vu sa législation controversée, visant à interdire l’achat de propriétés par des ressortissants de certains pays, être validée par la justice. Le onzième circuit d’appel a rejeté les plaintes des organisations civiles qui estimaient la loi (SB 264) discriminatoire. Cette décision confirme l’application de cette mesure, adoptée en 2023, qui restreint l’acquisition de biens immobiliers par des citoyens de sept nations : la Chine, Cuba, le Venezuela, l’Iran, la Corée du Nord, la Russie et la Syrie.
La loi impose une zone d’exclusion de 16 kilomètres autour des infrastructures civiles ou militaires jugées critiques pour l’État. « Aujourd’hui, nous avons remporté une victoire majeure devant la Cour d’appel des États-Unis pour le onzième circuit, en défendant notre loi interdisant la possession de terres en Floride par le Parti communiste chinois », s’est réjoui James Uthmeier, procureur général de Floride, suite à l’annonce de la décision. Le texte de loi stipule que les étrangers ne possédant pas de visa touristique ou de demande d’asile peuvent acquérir des propriétés d’une superficie maximale de 8 000 mètres carrés, à condition qu’elles se situent à plus de 8 kilomètres desdites propriétés critiques. Ces infrastructures englobent des services vitaux tels que la santé, la sécurité, les services publics et les transports.
Cependant, cette législation soulève des critiques vives. L’avocat Clay Zhu, président de l’Alliance sino-américaine de défense juridique (CALDA), a qualifié la loi de « discrimination explicite envers les immigrants chinois », arguant qu’elle décourage également les Américains d’origine asiatique souhaitant acquérir une propriété en Floride. De son côté, l’avocate Ashley Gorski, de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), a rappelé que « toutes les personnes, d’où qu’elles viennent, devraient être libres d’acheter une maison et de construire leur vie en Floride sans craindre la discrimination ».
Ron DeSantis, lors de la proposition de cette initiative, a défendu son objectif de « protéger la souveraineté » de l’État face au communisme, ciblant principalement la Chine, mais touchant également d’autres adversaires du gouvernement républicain. Selon le gouverneur, cette loi vise à garantir la sécurité de l’État en limitant l’accès aux installations stratégiques. Les opposants à la loi soulignent toutefois qu’au-delà de l’impact potentiel sur le marché immobilier floridien, l’un des plus importants du pays, la mesure risque de renforcer la stigmatisation et la méfiance envers certaines populations immigrées, notamment asiatiques.