L’ONU et la France ont fermement condamné lundi les tirs israéliens survenus près de troupes de maintien de la paix dans le sud du Liban. Cet incident, survenu dimanche, implique un drone de reconnaissance israélien et un char, selon les Nations Unies qui font état d’une escalade dangereuse.
« Nous sommes très préoccupés par l’incident survenu dimanche au cours duquel un drone israélien a largué une grenade à proximité d’une patrouille de la Finul, puis un char israélien a tiré sur les soldats de maintien de la paix à Kfar Kila, dans la zone d’opérations de la Finul », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. Il a précisé que les Nations Unies étaient en contact avec l’armée israélienne pour protester véhémentement. « Ce n’est pas la première fois que nous avons le sentiment d’être pris pour cible de différentes manières par l’armée israélienne (y compris) en pointant des lasers ou en tirant des tirs de sommation. C’est très, très dangereux », a-t-il ajouté.
La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), chargée de faire respecter l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, a été impliquée directement dans cet incident. Selon une source diplomatique française, les soldats de la Finul visés étaient de nationalité française.
« La France condamne les tirs israéliens qui ont visé un détachement de la Finul le 26 octobre 2025 », a affirmé le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué distinct. Paris a souligné que ces agissements faisaient suite à des incidents similaires survenus les 1er, 2 et 11 octobre, où l’armée israélienne aurait déjà ciblé des positions de la Finul.
Dimanche, la Finul avait initialement rapporté qu’un drone israélien avait survolé sa patrouille de manière « agressive ». Les soldats de maintien de la paix auraient alors appliqué des contre-mesures défensives pour le neutraliser. Un communiqué ultérieur a détaillé qu’un autre drone israélien s’était approché de la patrouille près de Kfar Kila et avait largué une grenade. « Quelques instants plus tard, un char israélien a tiré un coup de feu en direction des soldats de maintien de la paix. Heureusement, aucun blessé ni dommage n’a été causé aux soldats de maintien de la paix et aux biens de la Finul », précise le texte.
Cet incident « montre un mépris pour la sûreté et la sécurité des soldats de maintien de la paix qui exécutent les tâches mandatées par le Conseil de sécurité dans le sud du Liban », a dénoncé la Finul.
Du côté de l’armée israélienne, l’incident est perçu différemment. Le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole de l’armée, a déclaré lundi sur X qu’un « drone de collecte de renseignements avait été abattu dans la région de Kfar Kila ». Il a ajouté qu’« une première enquête suggère que les forces de la Finul stationnées à proximité ont délibérément tiré sur le drone et l’ont abattu. L’activité du drone ne représentait pas une menace pour les forces de la Finul ».
La situation sécuritaire dans le sud du Liban reste tendue, malgré l’accord de cessez-le-feu de l’année dernière. Cet accord prévoyait le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban et le repositionnement du Hezbollah au nord du fleuve Litani, avec un déploiement exclusif de l’armée libanaise et de la Finul dans le sud. Cependant, Israël maintient toujours cinq positions le long de la frontière nord d’Israël, près du Liban, et poursuit ses frappes sur le territoire libanais, affirmant cibler le Hezbollah. Ces dernières semaines, une intensification des frappes israéliennes a été observée, avec plusieurs attaques meurtrières.
En parallèle, le gouvernement libanais, sous pression américaine et craignant une escalade, a décidé de commencer à désarmer le Hezbollah, une initiative qui se heurte à l’opposition du mouvement et de ses alliés.