Publié le 2024-05-14 15:00:00. La Jamaïque se prépare à affronter l’ouragan Melissa, une tempête d’une intensité sans précédent qui menace l’île des Caraïbes. Les autorités mettent tout en œuvre pour minimiser les dégâts d’un phénomène météorologique qui pourrait être le plus violent jamais enregistré.
- L’ouragan Melissa, de catégorie 5, est attendu mardi après-midi et pourrait causer des destructions massives.
- La lenteur de la progression de l’ouragan laisse présager des précipitations extrêmes, équivalant à plus d’une année de pluie en Belgique en quelques heures.
- Les autorités redoutent des impacts majeurs sur les infrastructures, les réseaux électriques et de communication, ainsi que des risques accrus d’inondations et de glissements de terrain.
La ministre jamaïcaine de l’Information, Dana Morris Dixon, a déclaré à la BBC que le gouvernement avait déployé tous les efforts possibles pour anticiper un événement d’une ampleur jamais vue. L’île anticipe l’arrivée de Melissa en tant que tempête de catégorie 5, le niveau le plus élevé, avec des vents excédant les 250 kilomètres par heure. Le Premier ministre Andrew Holness a souligné que l’enjeu n’était pas tant de limiter les dégâts que de déterminer la rapidité du rétablissement du pays, car aucune infrastructure régionale n’est conçue pour résister à une telle force.
Une préoccupation majeure réside dans la lenteur de la progression de Melissa. Se déplaçant à environ 4 kilomètres par heure, l’ouragan va déverser une quantité phénoménale de précipitations sur son passage, du sud vers le nord de l’île. Les estimations font état de 1 000 litres par mètre carré localement d’ici mardi soir, un volume qui dépasse la pluviométrie annuelle belge. Le Centre national des ouragans américain (NHC) a émis des avertissements concernant des « dommages importants aux infrastructures, des pannes prolongées d’électricité et de communication, et l’isolement des communautés » en Jamaïque et dans les îles voisines. Des inondations potentiellement mortelles, des ondes de tempête et des glissements de terrain sont également à craindre.
Face à ces risques, les résidents ont été instruits de se réfugier dans des zones plus élevées. Des ordres d’évacuation ont été émis pour les zones menacées par les inondations, bien que les autorités s’attendent à ce que seulement un millier de personnes sur les 130 abris disponibles répondent à l’appel. Nombreux sont ceux qui tentent de barricader leur domicile, renforçant leurs toits avec des sacs de sable et des briques. Le ministère de la Santé a toutefois rappelé que même des gestes anodins en temps normal, comme l’escalade sur les toits ou la sécurisation de sacs de sable, peuvent devenir extrêmement dangereux en période d’ouragan et entraîner des blessures graves, voire mortelles.
Impacts déjà ressentis et genèse de la tempête
L’ouragan, qualifié d' »errant » par le ministère de la Santé, a déjà causé la mort d’au moins trois personnes en Jamaïque et blessé quinze autres. Des tragédies similaires ont été rapportées dans les îles voisines : trois décès sont à déplorer en Haïti suite à un glissement de terrain, et une personne a perdu la vie en République dominicaine en raison des intempéries. Plus d’un millier de personnes ont été évacuées dans ces deux pays.
L’ouragan Melissa a gagné en puissance sur la mer des Caraïbes au fil des jours. ©afp
Initialement un amas d’orages au large de l’Afrique de l’Ouest, Melissa s’est formée et a progressé vers l’ouest pour devenir une dépression. Elle a atteint le statut de tempête tropicale la semaine dernière au nord du Venezuela, puis a continué à s’intensifier sur les eaux chaudes de la mer des Caraïbes. Lundi matin, la tempête atteignait la catégorie 5. Melissa est le quatrième ouragan de l’Atlantique de la saison à connaître une « intensification rapide », un phénomène qui, selon des recherches scientifiques, deviendrait plus fréquent en raison du réchauffement climatique, à l’instar de l’ouragan Otis dans le Pacifique plus tôt dans le mois.
Les habitants sécurisent leurs maisons et les pêcheurs rentrent leurs embarcations : la Jamaïque se prépare à l’arrivée de l’ouragan Melissa.