Publié le 14 février 2026 à 19h19. Le skieur Lucas Pinheiro Braathen a écrit l’histoire aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina en décrochant l’or en slalom géant, une première pour un pays d’Amérique du Sud dans cette discipline.
- Lucas Pinheiro Braathen, né en Norvège mais représentant le Brésil, est devenu le premier athlète sud-américain à remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver.
- Après avoir envisagé la retraite en 2023, il a choisi de courir sous les couleurs du Brésil, pays d’origine de sa mère.
- Sa victoire en slalom géant est le fruit d’une performance exceptionnelle, marquée par le meilleur temps lors de la première manche et une gestion impeccable de la pression lors de la seconde.
Une page s’est tournée ce samedi en Italie. Lucas Pinheiro Braathen a gravé son nom dans l’histoire du sport en remportant la première médaille olympique d’hiver pour le Brésil. Sa victoire en slalom géant, une épreuve technique exigeant à la fois puissance et précision, a suscité l’enthousiasme et l’émotion à travers tout le continent sud-américain.
Le parcours de Braathen est singulier. Après avoir concouru pour la Norvège, il avait annoncé sa retraite sportive en 2023, avant de revenir sur sa décision et de choisir de représenter le Brésil en 2025. Un choix motivé par ses racines familiales et un désir de se sentir pleinement intégré dans une nation.
Le slalom géant, discipline où il excelle, se distingue du slalom par des portes plus espacées et des courbes plus larges. Cette configuration requiert une stratégie de course affûtée et une maîtrise technique irréprochable. Braathen a démontré ces qualités en réalisant un temps exceptionnel de 1 minute, 13 secondes et 92 centièmes lors de la première manche, devançant son premier poursuivant de plus d’une seconde. Il a ensuite confirmé son avance lors de la seconde manche, conservant son avantage avec une performance solide et déterminée.
L’année précédente, Braathen avait déjà marqué l’histoire en devenant le premier Brésilien à monter sur le podium lors d’une étape de la Coupe du monde de ski alpin, remportant sa première victoire de la saison, après en avoir déjà décroché cinq sous les couleurs norvégiennes. Il a confié avec humour qu’il suscite souvent l’incompréhension lorsqu’il annonce représenter le Brésil en ski alpin.
Lors d’une conférence de presse organisée à la Casa Brasil de Milan avant la compétition, l’athlète a souligné la portée historique de sa participation.
« La pression est immense. Je représente plus de 200 millions de personnes et je suis l’athlète qui a le plus de chances de remporter une médaille. »
Lucas Pinheiro Braathen, athlète
Il a également ajouté :
« Mais cette pression est aussi un privilège. C’est dans cet état que l’on peut atteindre son potentiel maximum. »
Lucas Pinheiro Braathen, athlète
Braathen a également eu l’honneur de porter le drapeau brésilien lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Milan Cortina 2026.
Marco La Porta, président du Comité olympique brésilien (COB), a exprimé son enthousiasme dans une interview au journal O Estado de S. Paulo :
« Je pense que l’on n’a jamais autant parlé des Jeux d’hiver au Brésil que cette fois-ci. Nous avons l’opportunité de remporter une médaille grâce à Lucas, un garçon super charismatique. »
Marco La Porta, président du COB
L’athlète brésilien concourra également pour une nouvelle médaille le lundi 16 février lors de la finale du slalom masculin.
La carrière de Braathen est au cœur d’un documentaire intitulé À ma manière (« My Way »), qui retrace son parcours après sa rupture avec la fédération norvégienne et son engagement à inscrire le Brésil sur la carte des sports d’hiver.
Né à Oslo, fils d’un père norvégien et d’une mère brésilienne, il a grandi en Norvège, où son père l’a initié au ski, comme le révèle son profil sur le site Red Bull. Le documentaire explore également les difficultés rencontrées par l’athlète, liées à son identité biculturelle et au divorce de ses parents.
« Grandir était déroutant, c’était effrayant… votre accent était toujours mauvais, votre façon de vous habiller était mauvaise. Vous devenez si professionnel dans la présentation de votre vrai moi… le résultat est une perte d’identité. Je regarde en arrière et je vois cela comme beaucoup d’insécurité, beaucoup d’anxiété. »
Lucas Pinheiro Braathen, athlète
Braathen a éprouvé des difficultés à s’imposer au sein du système norvégien de ski professionnel, se sentant en décalage avec les valeurs de la Fédération norvégienne de ski. Il a finalement décidé de rompre les liens avec la fédération, ce qui a conduit à un différend concernant l’exploitation de ses droits à l’image et à une amende pour participation à une campagne publicitaire non autorisée.
Après une période de réflexion passée au Brésil avec sa famille, il a pris la décision de revenir à la compétition, mais à ses propres conditions. Il a alors constitué une équipe dédiée à son projet, avec le soutien de son père. C’est ainsi qu’il a choisi de représenter le Brésil, le pays de sa mère.
L’athlète explique :
« Le Brésil est un mélange de nombreuses cultures. Partout dans le monde, les Brésiliens se sentent chez eux. Nous portons partout notre ‘ginga’ (un terme brésilien désignant un certain style et rythme brésiliens). »
Lucas Pinheiro Braathen, athlète
Il ajoute :
« Quand le Brésil entre dans le stade, même si vous n’êtes pas Brésilien, ils vous encouragent toujours. »
Lucas Pinheiro Braathen, athlète