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L’UE interroge Apple, Snapchat et YouTube sur les risques pour les enfants

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Bruxelles, le 2025-10-10 18:13:00. L’Union européenne intensifie sa pression sur les géants du numérique concernant la protection des mineurs en ligne. Inspirée par une initiative australienne, l’UE envisage de restreindre l’accès des moins de 16 ans aux réseaux sociaux, une mesure déjà soutenue par 25 de ses 27 États membres.

  • La Commission européenne a lancé des demandes d’informations auprès de Snapchat, Apple et Google concernant leurs dispositifs de protection des enfants face aux contenus potentiellement nuisibles.
  • Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Digital Services Act (DSA), la législation européenne visant à réguler les plateformes numériques.
  • La possibilité d’une restriction d’âge à l’échelle de l’UE pour l’accès aux réseaux sociaux est désormais à l’étude, une proposition appuyée par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

L’Union européenne a officiellement interpellé vendredi les principales plateformes numériques, dont Snapchat et YouTube, leur demandant de justifier les mesures mises en place pour protéger les jeunes utilisateurs des dangers en ligne. Cette initiative intervient alors qu’une majorité des États membres de l’UE se montrent favorables à une réflexion sur la restriction de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, à l’instar de l’Australie qui a imposé une limite d’âge de 16 ans.

Au cœur des préoccupations européennes figurent les risques liés aux contenus préjudiciables, à la diffusion de matériel à caractère sexuel non consenti, aux jeux d’argent ou encore à la vente de substances illicites comme les drogues et les cigarettes électroniques, que les plateformes sont soupçonnées de ne pas suffisamment encadrer. La Commission européenne, dans le cadre des « actions d’enquête » permises par le Digital Services Act (DSA), a adressé une requête à Snapchat pour comprendre comment l’application filtre les accès des moins de 13 ans. Parallèlement, l’App Store d’Apple et le Google Play Store sont sollicités pour détailler leurs procédures de contrôle des téléchargements d’applications potentiellement nocives ou illégales, ainsi que leur application des classifications par âge.

Des questions spécifiques portent sur la manière dont Apple et Google empêchent les enfants de se procurer des outils de création de contenus sexualisés sans consentement, aussi appelés « applications nudify ». La Commission souhaite également obtenir des précisions sur le système de recommandation de YouTube, suite à des signalements de diffusion de contenus inappropriés à des mineurs. Concernant Snapchat, l’UE s’interroge sur les moyens employés pour empêcher les transactions de drogues et de vapoteuses sur la plateforme.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soutient activement cette orientation. Un groupe d’experts est en cours de constitution pour évaluer les options possibles au niveau européen. Une déclaration commune, signée par 25 des 27 États membres de l’UE, ainsi que par la Norvège et l’Islande, manifeste un soutien à l’étude d’un âge minimum numérique à l’échelle du continent et souligne l' »urgence » de protéger les plus jeunes sur internet.

Seules la Belgique et l’Estonie n’ont pas signé cette déclaration. Un représentant belge a indiqué que le pays privilégiait une approche ouverte quant aux outils à employer, tout en réaffirmant son engagement envers la protection des enfants en ligne. L’Estonie, quant à elle, a exprimé une préférence marquée pour l' »éducation numérique et l’esprit critique » par rapport aux interdictions d’accès.

L’initiative européenne s’ajoute aux réflexions déjà en cours dans certains pays. Le Danemark envisage actuellement une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, une piste similaire à celle explorée par la France. Ces enquêtes de la Commission, bien qu’elles puissent mener à des sanctions et amendes, ne constituent pas à ce stade une présomption de violation de la loi.

Snapchat, par la voix d’un porte-parole, a déclaré être « profondément engagé » dans la sécurisation de sa plateforme et a assuré qu’il fournirait les informations demandées, rappelant avoir déjà intégré des fonctionnalités de confidentialité et de sécurité pour limiter les risques. Google a également affirmé disposer de « contrôles parentaux robustes » et de « protections pour les jeunes utilisateurs », promettant de continuer à renforcer ses efforts.

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