Publié le 14 février 2024 à 10h43. L’Union européenne de radiodiffusion (UER) a reporté sine die sa tournée du soixantenaire de l’Eurovision, déjà fragilisée par des tensions liées à la participation d’Israël et le geste de protestation du vainqueur de l’édition 2024, Nemo.
- L’UER a annulé la tournée live prévue pour célébrer le 70e anniversaire du Concours Eurovision de la chanson.
- Le report est justifié par des « défis imprévus » auxquels l’organisation n’a pu faire face.
- Cette annulation intervient dans un contexte de crise pour l’Eurovision, marqué par des menaces de boycott et un geste symbolique de Nemo, le vainqueur de l’édition 2024.
La tournée, initialement prévue dans dix grandes salles européennes, avait vu la prévente des billets débuter le 2 février. Les raisons précises de cette annulation restent floues, mais certains évoquent de faibles chiffres de ventes. Dans un communiqué, Martin Green, directeur de l’Eurovision, a déclaré : « Nous avons rencontré des défis imprévus que nous n’avons pas pu surmonter malgré tous les efforts de notre équipe, des producteurs et des organisateurs. » Les détenteurs de billets seront intégralement remboursés, et l’UER espère relancer la tournée dès que possible, en offrant aux fans l’expérience de qualité attendue.
Cette décision constitue un nouveau coup dur pour l’Eurovision, déjà secouée par des controverses. En décembre dernier, l’UER avait confirmé la participation d’Israël au concours de Vienne, malgré le conflit en cours au Moyen-Orient. Cette décision avait immédiatement suscité des réactions virulentes et des menaces de boycott de la part de plusieurs pays, notamment l’Espagne, les Pays-Bas et l’Islande.
Au-delà des questions politiques, le concours a également été marqué par un geste fort de Nemo, le représentant suisse sacré vainqueur à Malmö en 2024. En signe de protestation contre la participation d’Israël, Nemo a rendu son trophée à l’UER. Sur Instagram, l’artiste a expliqué : « L’année dernière, j’ai gagné l’Eurovision et j’ai reçu le trophée. Et même si je suis très reconnaissant envers la communauté qui entoure le concours et tout ce que l’expérience m’a appris, à la fois en tant que personne et en tant qu’artiste, je n’ai plus l’impression que le trophée ait sa place sur mon étagère. »
Nemo a ajouté que l’Eurovision se veut un symbole d’unité, d’inclusion et de dignité pour tous, des valeurs qui lui tenaient à cœur. Cependant, la participation continue d’Israël, accusé par la Commission internationale indépendante de l’ONU de génocide, contredit selon lui les idéaux affichés par l’UER. « Cela crée un conflit évident entre les idéaux et les décisions de l’UER », a-t-il affirmé.
