Publié le 10 février 2026 à 12h11. Le coureur ukrainien de skeleton, Vladyslav Heraskevych, a dénoncé ce mardi une « trahison » du Comité international olympique (CIO) après l’interdiction de son casque commémoratif, portant les portraits d’athlètes et d’amis tués lors de l’invasion russe de l’Ukraine.
- Le CIO a refusé d’autoriser Vladyslav Heraskevych à porter un casque orné des visages d’athlètes ukrainiens décédés en raison de la guerre.
- L’Ukraine avait fait appel de cette décision, arguant que le casque constituait un hommage légitime.
- Le CIO a proposé à Heraskevych de porter un brassard noir en signe de deuil, une concession jugée insuffisante par l’athlète.
La décision du CIO a suscité une vive réaction de la part de Vladyslav Heraskevych, qui a exprimé sa frustration sur les réseaux sociaux. Il estime que le CIO trahit la mémoire des athlètes ukrainiens disparus en les empêchant d’être honorés sur la scène olympique. L’incident relance le débat sur la neutralité politique au sein des Jeux olympiques et les limites de la règle 50.2 de la charte olympique, qui encadre les manifestations politiques.
Mardi, la délégation ukrainienne a fait appel de la décision initiale, plaidant pour que Heraskevych puisse utiliser son « casque de mémoire ». Ce casque portait les images de l’haltérophile Alina Peregudova, du boxeur Pavlo Ishchenko et du joueur de hockey sur glace Oleksiy Loginov, tous décédés suite à l’invasion russe. L’appel a été rejeté par le CIO, qui a invoqué la règle 50.2 de sa charte, interdisant les expressions politiques lors des compétitions.
Le porte-parole du CIO, Mark Adams, a toutefois annoncé une concession : « Après une réunion informelle hier soir avec M. Heraskevych, son entraîneur et la délégation, nous avons réitéré notre compréhension du souhait de l’athlète de rendre hommage à ses compatriotes ukrainiens, ce qu’il a fait pendant l’entraînement et sur les réseaux sociaux. Nous avons également réitéré que nous ferions une exception aux directives pour lui permettre de porter un brassard noir pendant la compétition pour célébrer cette commémoration. » Il a ajouté que le CIO cherchait à répondre aux préoccupations de l’athlète « avec compassion et compréhension », tout en lui permettant de s’exprimer en dehors des épreuves.
Malgré cette proposition, Heraskevych a exprimé son désarroi sur les réseaux sociaux.
« Une décision qui me brise tout simplement le cœur », a-t-il écrit. « Le sentiment que le CIO trahit ces athlètes qui faisaient partie du mouvement olympique, en ne leur permettant pas d’être honorés sur la scène sportive où ces athlètes ne pourront plus jamais monter. »
Vladyslav Heraskevych, coureur de skeleton ukrainien
Heraskevych avait déjà manifesté son opposition à la guerre en Ukraine lors des Jeux olympiques de Pékin en 2022, quelques jours avant l’invasion russe, en brandissant une pancarte « Pas de guerre en Ukraine ». Il a également soulevé la question de la participation de 13 athlètes russes aux Jeux de Milan-Cortina en tant qu’athlètes individuels neutres (AIN). Il a souligné que l’appel à la paix qu’il avait lancé en 2022 semblait encore plus pertinent aujourd’hui, et que le CIO avait changé d’attitude à l’égard de ses actions.
« Aux Jeux olympiques, nous avons déjà vu un grand nombre de drapeaux russes dans les tribunes, sur le casque de l’un des athlètes – et pour le CIO, ce n’est pas une violation. Mais une violation a été constatée dans le ‘casque de la mémoire’, qui rend hommage aux membres de la famille sportive ukrainienne tués depuis les derniers Jeux Olympiques. La vérité est de notre côté. »
Vladyslav Heraskevych, coureur de skeleton ukrainien
Cet incident intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et soulève des questions sur l’équilibre entre la neutralité politique et le droit à l’expression des athlètes aux Jeux olympiques.