Publié le 26 février 2026 à 20h14. Face à l’épuisement des troupes et à l’augmentation des désertions, le nouveau ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, annonce une réforme profonde du système de mobilisation militaire, visant à renforcer les effectifs et à améliorer les conditions de service.
Kiev s’apprête à lancer une réforme globale de son système de mobilisation militaire, conséquence directe du manque de volontaires et des difficultés rencontrées avec les soldats quittant leurs unités sans autorisation. Le ministère de la Défense, désormais dirigé par Mykhaïlo Fedorov, cherche à offrir une plus grande prévisibilité et des motivations accrues aux recrues, dans un contexte où la guerre contre la Russie a rendu indispensable la mobilisation obligatoire.
Selon les autorités ukrainiennes, la réforme s’articulera autour de plusieurs axes. Des incitations économiques seront proposées, ainsi que la possibilité d’exemptions temporaires pour ceux qui s’engagent pour une durée minimale de deux ans. L’objectif est de rendre le service plus attractif et de réduire le nombre de défections.
La réforme prévoit également des mécanismes pour apaiser les tensions entre les citoyens et les recruteurs, et pour limiter les abandons de poste, qui touchent déjà environ 200 000 personnes. Un durcissement des sanctions à l’encontre des déserteurs est également à l’étude, parallèlement à une volonté d’améliorer les conditions de commandement.
L’épuisement et les pertes affectent gravement le moral des troupes sur le front, notamment dans des zones critiques comme Pokrovsk et Zaporizhzhia. Les témoignages des soldats font état d’affrontements constants et de difficultés logistiques. L’utilisation intensive de drones et de nouvelles tactiques d’assaut caractérisent la dynamique actuelle du conflit, obligeant les unités ukrainiennes à s’adapter pour résister à l’avancée russe.
La question du commandement est également centrale. De nombreux soldats évoquent un commandement inefficace et un manque de critères stratégiques comme des facteurs de démotivation. Certains, après avoir subi des blessures ou des situations critiques, préfèrent rejoindre des unités dotées d’un meilleur leadership plutôt que d’abandonner complètement le service militaire.
Le manque de clarté concernant la durée du service militaire contribue également à l’incertitude et au découragement. L’augmentation des salaires pour les postes à risque est envisagée, mais sa mise en œuvre se heurte à des difficultés financières.
(Avec des informations d’EFE et ABC News)