Kyiv et ses alliés travaillent à un plan de cessez-le-feu dans les dix prochains jours, tandis que les combats s’intensifient dans l’est de l’Ukraine. Le président Zelensky a également fait part de ses préoccupations quant à la course aux armements nucléaires de la Russie.
Alors que la guerre en Ukraine entre dans une phase critique, Volodymyr Zelensky a annoncé un effort diplomatique visant à établir un cessez-le-feu dans les dix jours à venir. Cette initiative survient suite à une proposition de Donald Trump, qui prône l’arrêt des hostilités sur les lignes de front actuelles. Le président ukrainien a précisé à la chaîne Axios que le plan était en cours d’élaboration, soulignant la nécessité d’une action rapide. Dans le cadre de ces efforts, Kyiv aurait sollicité auprès de l’administration américaine non seulement des missiles Tomahawk, mais également d’autres armements similaires, moins complexes à maîtriser pour les troupes ukrainiennes, dans le but de faire pression sur Moscou en vue de négociations.
Sur le front, la situation reste tendue. L’armée ukrainienne a décidé de renforcer ses positions dans la ville stratégique de Pokrovsk, située dans l’est du pays, après que des unités russes ont réussi à s’infiltrer dans la zone. Les forces de Kyiv rapportent que les troupes russes ont intensifié leurs tentatives pour s’emparer de ce nœud de transport majeur dans la région de Donetsk.
« Les occupants qui ont pénétré dans la ville n’ont pas l’intention de s’en emparer, mais visent à progresser plus au nord », a indiqué la 7e unité de réponse rapide des troupes aéroportées ukrainiennes sur Facebook. « L’ennemi cherche ainsi à disperser nos forces de défense et à bloquer les corridors logistiques terrestres. » Le président Zelensky a confirmé que la Russie avait concentré l’essentiel de ses forces offensives sur Pokrovsk.
« Des combats acharnés se déroulent dans la ville et à ses abords… La logistique est difficile. Mais nous devons continuer à détruire les occupants », a-t-il déclaré. Citant des renseignements ukrainiens, M. Zelensky a révélé que Vladimir Poutine aurait confié en privé que Moscou comptait prendre le contrôle de l’intégralité du Donbass, incluant les régions de Donetsk et Louhansk, avant le 15 octobre.
Par ailleurs, la Russie a récemment procédé à un essai de son nouveau missile de croisière à propulsion nucléaire et à capacité nucléaire, le Burevestnik, surnommé « Skyfall » par l’OTAN. Vladimir Poutine a affirmé que ce missile était conçu pour déjouer les défenses existantes. Ce développement, révélé en 2018, vise, selon le président russe, une portée illimitée permettant au missile de contourner le globe sans être détecté. Ce projet a déjà connu des incidents, avec une explosion en 2019 ayant causé la mort de cinq ingénieurs nucléaires et deux militaires lors de la récupération d’un prototype échoué en mer Blanche.
En réaction à ces essais, Donald Trump, s’exprimant lors d’une tournée en Asie, a qualifié les propos de M. Poutine sur les missiles de « malvenus ». « Il faut mettre fin à la guerre. Une guerre qui aurait dû durer une semaine est maintenant à sa quatrième année », a-t-il déclaré, conseillant au président russe de se concentrer sur la résolution du conflit plutôt que sur des démonstrations d’armement. Le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, a justifié ces essais comme une manifestation de la détermination de Moscou à garantir ses intérêts sécuritaires, dénonçant un « sentiment militariste » émanant principalement des Européens.