Le Brésil et les États-Unis se rapprochent sur la question stratégique des terres rares, avec une visite imminente du président Lula da Silva à Washington en mars. Cette coopération, axée sur l’extraction et le raffinage de ces minéraux essentiels, pourrait redéfinir les chaînes d’approvisionnement mondiales et influencer la politique intérieure brésilienne à l’approche des élections de 2026.
Caleb Orr, sous-secrétaire nord-américain aux Affaires économiques et énergétiques, a confirmé hier l’importance accordée à cette collaboration. Il a déclaré considérer le Brésil « comme un partenaire clé dans le domaine des minéraux critiques ». Deux projets, situés dans l’État de Goiás (Serra Verde et Clara), sont actuellement à l’étude. La Société américaine de financement du développement international (DFC) a déjà engagé 565 millions de dollars (sur un investissement total prévu de 3 milliards de dollars) pour Serra Verde, avec l’objectif d’intégrer les étapes de traitement et de raffinage, une avancée significative par rapport à l’exportation actuelle de minéraux bruts vers la Chine.
L’ambassadeur Celso Amorim, conseiller international du président Lula, a qualifié les intentions de Washington de « positives », soulignant l’intérêt américain pour l’investissement non seulement dans l’extraction, mais aussi dans la transformation nationale des minéraux. « Ce problème ne profite pas seulement aux minéraux », a-t-il précisé dans un entretien au portail UOL. « Il faut définir nos propres besoins, notamment en intelligence artificielle, défense et haute technologie, et n’exporter que le surplus. »
Le gouvernement brésilien, selon Amorim, est déterminé à diversifier ses partenaires commerciaux et ne souhaite pas d’exclusivité avec les États-Unis. « Nous voulons pouvoir commercer avec tout le monde », a-t-il affirmé, en référence à la volonté de maintenir des relations commerciales avec la Chine dans ce domaine.
Cette coopération intervient dans un contexte politique interne brésilien marqué par une polarisation croissante à l’approche des élections présidentielles de 2026. Les sondages actuels placent Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, en position de challenger face au candidat du PT, avec un écart de 5,5% au second tour. Le revirement de Donald Trump, qui avait initialement semblé soutenir les bolsonaristes, et son rapprochement avec Lula, avec lequel il a eu des rencontres et des échanges téléphoniques, ajoutent une dimension stratégique à cette visite.
La réunion ministérielle sur les minéraux critiques organisée à Washington par le secrétaire d’État Marco Rubio, à laquelle ont participé des délégations de 54 pays plus l’Union européenne, a souligné l’importance de diversifier les chaînes d’approvisionnement et de réduire les vulnérabilités externes. Selon Orr, le continent américain est « au centre de la sécurité des chaînes mondiales », notamment pour l’approvisionnement en lithium et en cuivre.
Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a achevé sa mission en Argentine, et le gouvernement argentin se montre optimiste, malgré l’incapacité à respecter ses réserves.