Publié le 15 février 2026 à 23h51. Des milliers de Tchèques ont manifesté leur soutien au président libéral Petr Pavel, confronté à une pression croissante de la part du gouvernement populiste de droite dirigé par Andrej Babis, dans un contexte de lutte de pouvoir autour d’un poste ministériel.
- Des manifestations de solidarité ont eu lieu dans plus de 400 villes à travers la République tchèque.
- Le conflit oppose le président Pavel au ministre des Affaires étrangères Petr Macinka, concernant la nomination d’un membre du parti des Automobilistes à un poste ministériel.
- L’initiative citoyenne « Millions d’instants pour la démocratie » a organisé les rassemblements et prévoit une manifestation de grande ampleur à Prague le 21 mars.
La République tchèque est le théâtre de tensions politiques croissantes, avec des manifestations de soutien au président Petr Pavel dans tout le pays. Ces rassemblements sont une réponse à la pression exercée par le gouvernement de droite, dirigé par Andrej Babis, et à un différend concernant la nomination d’un ministre.
Selon l’agence de presse CTK, des milliers de personnes ont participé à des rassemblements dans plus de 400 villes tchèques, répondant à l’appel de l’initiative « Millions d’instants pour la démocratie ». Un premier rassemblement de grande ampleur, réunissant jusqu’à 90 000 personnes, s’était déjà tenu le 1er février à Prague. L’initiative a annoncé l’organisation d’une nouvelle manifestation de masse sur la colline de Letna à Prague le 21 mars, sous le slogan « Nous ne laisserons pas notre avenir nous être volé ! ».
À Brno, la deuxième plus grande ville du pays, entre 8 000 et 10 000 personnes ont manifesté, tandis que dans les petites villes, les rassemblements ont rassemblé quelques centaines de participants. Des photos et des vidéos diffusées par les médias montrent des manifestants brandissant des portraits du président Pavel, ainsi que des banderoles dénonçant les membres du gouvernement avec des slogans tels que « Je suis aux côtés du président » et « J’ai honte du gouvernement actuel ».
Un différend autour d’un poste ministériel
Le conflit actuel a été déclenché fin janvier, lorsque le président Pavel a accusé le ministre des Affaires étrangères Petr Macinka, également chef du parti des Automobilistes (ANO), de tentative de chantage. Les Automobilistes souhaitent obtenir un poste ministériel pour leur président d’honneur, Filip Turek. Cependant, M. Turek a été critiqué pour des propos racistes et sexistes tenus par le passé. Le président Pavel refuse donc de lui prêter serment, estimant qu’il n’est pas apte à exercer une fonction ministérielle.
En réponse, le ministre Macinka a menacé le président Pavel par SMS, affirmant qu’il se battrait « brutalement » et « sans scrupules » pour son collègue Turek et qu’il « brûlerait les ponts » entre le gouvernement et la présidence.
La coalition gouvernementale, composée du parti ANO du Premier ministre Andrej Babis, des Automobilistes et du parti d’extrême droite Liberté et Démocratie directe, dispose d’une majorité de 108 sièges sur 200 à la Chambre des représentants.