Home International Lyriciste Les Misérables Herbert Kretzmer «  ressentie du manque de crédit  », révèle les archives

Lyriciste Les Misérables Herbert Kretzmer «  ressentie du manque de crédit  », révèle les archives

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Publié le 2025-10-02 13:01:00. Des correspondances inédites révèlent que le parolier Herbert Kretzmer estimait ne pas avoir reçu la reconnaissance méritée pour son travail sur la version anglaise de la comédie musicale « Les Misérables ». L’intégralité de ses archives a été versée à l’Université de Cambridge.

Herbert Kretzmer, décédé en 2020 à l’âge de 95 ans, estimait ne pas avoir été suffisamment crédité pour sa contribution à l’immense succès de la version anglaise de « Les Misérables ». Des lettres retrouvées dans ses archives, désormais conservées par la bibliothèque de l’Université de Cambridge, attestent de ce sentiment.

Dans un courrier adressé en 1987 au producteur de théâtre Cameron Mackintosh, Kretzmer évoquait des « manœuvres désagréables de la part d’autres personnes visant à dénigrer mon crédit et ma contribution ». Il y affirmait vouloir, pour la première et unique fois, exposer les faits concernant la paternité de la version anglaise du spectacle.

« Je pense qu’il est temps de clarifier, pour la première et, je l’espère, pour la seule fois, les faits exacts et vérifiables sur la paternité de la version anglaise des Misérables », écrivait-il.

Il soulignait que peu de personnes avaient eu l’occasion de comparer sa version à l’original français et insistait sur le fait que ce qui était chanté à New York et à Londres était loin d’être une simple traduction. Selon lui, la version anglaise constituait une réécriture quasi intégrale, tant la matière avait été repensée et modifiée.

« Les Misérables en anglais sont pratiquement un nouveau spectacle réécrit. […] Je regrette de devoir écrire cette lettre, mais compte tenu des manœuvres désagréables de la part d’autres personnes visant à dénigrer mon crédit et ma contribution, je me dois de souligner que Les Misérables n’est pas une pièce traduite ou réécrite, mais un spectacle qui a renaît », ajoutait-il.

Cameron Mackintosh, cité par le quotidien *The Times* à propos de cette correspondance, a rappelé la « boussole morale très forte » d’Herbert Kretzmer et sa capacité à traduire l’éthique de Victor Hugo en chansons populaires et lyriques.

La comédie musicale « Les Misérables », adaptée du roman de Victor Hugo paru en 1862, a d’abord fait l’objet d’un album concept français en 1980, suivi d’une adaptation scénique en 1981. La version anglaise, dont le livret est attribué à Kretzmer, a été créée à Londres en 1985.

L’archive révèle également des détails sur le processus de casting. Un mémo de 1985 mentionne notamment Brian Blessed, qui travaillait alors intensivement sur sa voix. Il y est également fait état de discussions concernant les acteurs Chaim Topol et Max von Sydow pour les rôles de Jean Valjean et Javert, avec l’espoir qu’ils puissent se rendre à Londres pour en discuter.

Les documentsKretzmer contiennent également des correspondances avec des personnalités telles que Frank Sinatra et Peter Sellers, ainsi que des photographies de Stanley Kubrick. L’écrivain, d’origine sud-africaine, est aussi connu pour avoir écrit les paroles de la chanson « Goodness me » (1960), popularisée par Peter Sellers et Sophia Loren, ainsi que pour sa collaboration avec Charles Aznavour en 1974.

Les modifications apportées à la chanson « Do You Hear the People Sing? »

Le Dr Liz Savage, assistante des collections spéciales à la bibliothèque de l’Université de Cambridge, a contribué au catalogage de la section « Les Misérables » des archives. Elle a identifié de nombreux changements dans les ébauches de Kretzmer, notamment dans la chanson phare « Do You Hear the People Sing? ».

Dans la deuxième version de Kretzmer, le mot « Common » (commun) a été remplacé par « Angry » (en colère) dans la phrase « Singing the song of angry men ». Avant de se fixer sur « angry », Kretzmer avait envisagé d’autres termes comme « Valiant » ou « Fearless ».

Les archives font aussi état des discussions houleuses concernant la potentielle suppression de cette chanson. Kretzmer et d’autres ont dû user de leur influence pour la conserver, arguant que le spectacle ne pouvait être affaibli par son inclusion.

Sybil Kretzmer, veuve d’Herbert Kretzmer, a déclaré : « Le prestige de l’Université de Cambridge reflète l’impact et l’influence du travail d’Herbert, et nous savons que ces archives seront précieusement conservées par la bibliothèque et vivront pour les générations futures, tout comme « Les Misérables » lui-même. »

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