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Macron présentera la contribution de la France à la dissuasion nucléaire européenne

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Publié le 26 février 2026 – 05:21. Le président Emmanuel Macron doit détailler lundi une proposition visant à étendre la dissuasion nucléaire française à d’autres États européens, une initiative relancée par les incertitudes géopolitiques et les doutes sur l’engagement américain envers la sécurité du continent.

Face à un contexte international marqué par le retour de tensions et les remises en question de l’architecture de sécurité européenne, Emmanuel Macron s’apprête à présenter une vision ambitieuse pour renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe. Le discours, prononcé depuis la presqu’île de Longue, où sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires lance-missiles français, intervient après un « dialogue stratégique » engagé avec des dirigeants européens, notamment le chancelier allemand Friedrich Merz.

Cette proposition d’étendre la dissuasion nucléaire française à d’autres pays européens ne saurait en aucun cas concurrencer le rôle protecteur joué par les États-Unis, a précisé l’Élysée. L’offre initiale de Macron, formulée dès 2020, avait suscité un intérêt limité, mais elle a été réaffirmée ce mois-ci lors de la Conférence de Munich sur la sécurité sur Euronews.

Plusieurs facteurs expliquent ce regain d’intérêt. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a mis en évidence les vulnérabilités européennes en matière de défense, tandis que le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a alimenté les doutes quant à la fiabilité de l’engagement américain. Les récentes menaces de Trump d’utiliser la force contre le Danemark, allié de l’OTAN, pour s’emparer du Groenland n’ont fait qu’accroître ces inquiétudes, malgré les assurances publiques des dirigeants européens quant à l’engagement à long terme de Washington envers l’Alliance atlantique.

Parallèlement, les États-Unis envisagent un retrait partiel de leurs troupes et de leur équipement d’Europe, afin de concentrer leurs ressources sur la région Indo-Pacifique. L’ampleur et les modalités de ce retrait restent à déterminer. L’Élysée souligne également une « période fondamentalement propice à la prolifération nucléaire », en raison du développement de nouveaux missiles hypersoniques par la Russie, de l’expansion rapide de l’arsenal chinois et des incertitudes entourant le programme nucléaire iranien.

Selon l’Élysée, « tout cela suscite un intérêt croissant de la part des partenaires », tout en réaffirmant que cette initiative « n’est en aucun cas en concurrence avec l’OTAN ». La manière dont une telle alternative pourrait être mise en œuvre reste cependant floue. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, ont souligné le coût et la complexité d’une telle entreprise.

La doctrine nucléaire française est basée sur la « stricte suffisance », limitant le nombre d’ogives nucléaires à environ 300 – un chiffre bien inférieur aux plus de 3 500 possédés par les États-Unis et la Russie. L’Élysée a rappelé que la France rejette la guerre nucléaire et que son arsenal vise à assurer sa capacité à infliger des dommages inacceptables à tout adversaire.

La France et le Royaume-Uni ont renforcé leur coopération nucléaire grâce à la Déclaration de Northwood signée l’été dernier, avec la création d’un groupe directeur chargé de coordonner leurs efforts et de participer à des exercices conjoints.

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