Publié le 30 octobre 2025. En 1865, Wilhelm Busch publiait « Max et Moritz », une œuvre aujourd’hui reconnue comme pionnière de la bande dessinée. Loin d’être une simple histoire pour enfants, elle est interprétée par certains comme une satire féroce des méthodes éducatives de l’époque.
- « Max et Moritz », souvent mal compris, serait en réalité une critique des sévices infligés aux enfants dans l’éducation du XIXe siècle.
- L’histoire trouve ses racines dans le vécu de Wilhelm Busch, cadet d’une fratrie nombreuse.
- Cette œuvre culte, traduite dans quelque 300 langues, a connu un succès fulgurant et inattendu.
La genèse de « Max et Moritz » est marquée par le scepticisme de son auteur quant à son succès. Wilhelm Busch, déjà actif dans la presse satirique, ne croyait guère en la portée de ce récit illustré. Pourtant, son éditeur, Kaspar Braun, y vit un potentiel considérable. D’un coup d’audace, il décide de publier l’œuvre non pas dans un journal, mais sous forme de livre relié, acquérant par la même occasion tous les droits pour la somme de 1 000 florins – l’équivalent d’un salaire annuel à l’époque.
Cette décision audacieuse propulsa « Max et Moritz » au rang de classique incontournable de la littérature jeunesse allemande, s’immisçant rapidement dans les foyers. L’histoire des deux garnements a traversé les décennies et les frontières, témoignant de sa pertinence durable et de son pouvoir d’évocation.
Dans le cadre de cette exploration des « Signes des temps », nous avons recueilli le point de vue d’experts, dont Eva Jandl-Jörg, directrice du musée Wilhelm Busch à Hanovre. Les discussions ont notamment abordé les interprétations erronées persistantes de l’œuvre, les inspirations potentielles derrière les méfaits de Max et Moritz, ainsi que le contexte de l’enfance de Wilhelm Busch. Fait notable, certains pays ont initialement interdit l’ouvrage pour des raisons jugées éducatives.
Parmi nos interlocuteurs et sources privilégiées figuraient Ralph Unger (maire de Wiedensahl), Tobias Deterding (directeur du monde Wilhelm Busch à Wiedensahl), le Dr Julian Auringer (chercheur en bande dessinée) et Eva Jandl-Jörg. Les ouvrages de référence incluent « Le meilleur de Wilhelm Busch » édité par Gert Ueding (2020) et « Wilhelm Busch. Le pessimiste rieur » par Eva Weissweiler (2007).
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Cet épisode des « Signes des temps » a été réalisé par Burkhard Hupe, avec l’équipe éditoriale composée de Christoph Tiegel et Matti Hesse.