Publié le 10 février 2026 17:57:00. Ghislaine Maxwell, ancienne complice de Jeffrey Epstein, a refusé de coopérer avec une commission du Congrès américain enquêtant sur le réseau d’abus sexuels impliquant le financier, laissant entendre qu’elle ne témoignerait qu’en échange d’un pardon présidentiel de Donald Trump.
- Ghislaine Maxwell a refusé de répondre aux questions de la commission, alimentant les spéculations sur un accord de silence avec l’administration Trump.
- Des inquiétudes subsistent quant à d’éventuels liens entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, et sur le fait que Maxwell pourrait détenir des informations compromettantes.
- Bill et Hillary Clinton doivent prochainement témoigner devant le Congrès dans le cadre de cette enquête.
La commission du Congrès, dirigée par les Républicains, a tenté d’obtenir le témoignage de Ghislaine Maxwell, reconnue coupable en 2022 de trafic sexuel de mineures au profit de Jeffrey Epstein. Cependant, l’ancienne complice a conditionné sa coopération à l’obtention d’un pardon présidentiel de Donald Trump, selon ses avocats. Trump avait d’ailleurs déclaré en octobre dernier envisager une telle mesure.
Le représentant Comer a exprimé sa déception face au refus de Maxwell de répondre aux questions, soulignant l’importance d’éclaircir les crimes commis par elle et Epstein, ainsi que d’identifier d’éventuels complices. Le député démocrate Suhas Subramanyam a dénoncé cette attitude, y voyant une stratégie visant à obtenir une grâce de l’ancien président.
Les avocats de Maxwell avaient initialement demandé l’immunité légale en échange de son témoignage, requête rejetée par le Congrès. Ils ont alors affirmé que le procès n’avait plus d’intérêt que politique. L’interrogatoire de Maxwell par la procureure générale adjointe Blanche en juillet dernier a été suivi d’un transfert vers un établissement pénitentiaire de sécurité minimale au Texas, suscitant l’indignation des victimes d’Epstein qui y ont vu une forme de privilège.
L’investisseur Jeffrey Epstein, dont le réseau s’étendait aux plus hautes sphères du pouvoir politique et économique, est soupçonné d’avoir abusé de plus d’un millier de mineures et de jeunes femmes avec l’aide de Maxwell, les livrant parfois à des personnalités influentes. Il avait déjà été condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution d’une mineure, mais une entente controversée avec le procureur l’avait conduit à une peine de seulement 18 mois de prison.
Epstein a été retrouvé pendu dans sa cellule de prison à New York en août 2019, un événement officiellement qualifié de suicide. Sa mort a relancé les interrogations sur les circonstances de son arrestation et de sa détention.
Fin janvier dernier, le ministère de la Justice américain a rendu public plus de trois millions de documents liés à l’affaire Epstein. Bien qu’aucune nouvelle procédure pénale ne soit actuellement envisagée aux États-Unis, ces révélations ont entraîné des scandales et des démissions de plusieurs personnalités politiques et économiques impliquées dans le réseau d’Epstein.
À la fin du mois de février, l’ancien président Bill Clinton doit témoigner devant la commission du Congrès. Son épouse, Hillary Clinton, souhaite également s’exprimer. Le couple Clinton a demandé que cette audition soit publique, craignant une instrumentalisation politique de leurs témoignages par le Parti Républicain.
Donald Trump n’a pas été convoqué par la commission. Ni les Clinton, ni Trump n’ont, à ce jour, été formellement accusés d’avoir commis des actes répréhensibles dans cette affaire.