Publié le 12 février 2026 07:07:00. La Commission de la concurrence et de la protection des consommateurs (CCPC) irlandaise a mis en demeure plusieurs personnalités publiques, dont l’ancien combattant de MMA Conor McGregor et l’influenceuse Suzanne Jackson, pour manquement à la transparence concernant des publications sponsorisées sur Instagram.
- Conor McGregor et Suzanne Jackson ont reçu des avis de conformité pour ne pas avoir clairement indiqué le caractère commercial de certaines publications sur Instagram.
- La CCPC a également sanctionné d’autres commerçants pour des manquements à la législation sur la protection des consommateurs, notamment Circle K et le Dublin Mint Office.
- L’organisme de surveillance envisage de renforcer ses pouvoirs coercitifs, notamment en introduisant des amendes proportionnelles au chiffre d’affaires des entreprises.
La CCPC s’attaque aux pratiques de transparence des influenceurs sur les réseaux sociaux, un domaine en pleine expansion où le manque de clarté peut induire les consommateurs en erreur. Trois publications distinctes sur le compte Instagram de Conor McGregor, qui compte plus de 46 millions d’abonnés, datant de juin 2024, ont été pointées du doigt. Ces publications faisaient la promotion de sa marque de stout, Forged Irish Stout, sans mentionner qu’il s’agissait de contenu sponsorisé. La CCPC a souligné que l’absence d’étiquettes telles que « Publicité » ou le hashtag « #ad » constituait une violation de la législation sur la protection des consommateurs.
L’influenceuse mode et beauté Suzanne Jackson, propriétaire de la marque SoSueMe, a également été sanctionnée pour des manquements similaires. Quatre publications entre décembre 2024 et février 2025 n’indiquaient pas clairement que les produits de sa marque, SOSU Cosmetics, faisaient l’objet d’une promotion rémunérée. La CCPC a rappelé aux deux influenceurs l’importance de se conformer aux directives sur la publicité et le marketing d’influence, disponibles sur son site web et celui de l’Advertising Standards Authority of Ireland (ASAI).
Les avis de conformité enjoignent à McGregor et Jackson de rectifier la situation avant le 1er janvier 2026, sous peine de sanctions plus sévères. La CCPC a précisé que les comptes de médias sociaux des deux personnalités seraient soumis à une surveillance accrue pour garantir le respect de ces instructions. En cas de non-conformité, les contrevenants pourraient être passibles d’une amende pouvant atteindre 5 000 € et d’une peine d’emprisonnement.
Ces mesures s’inscrivent dans un ensemble plus large de 18 actions coercitives prises par la CCPC contre des commerçants de plusieurs régions d’Irlande (Cork, Donegal, Dublin, Mayo et Offaly). Parmi les autres sanctions, deux avis de paiement forfaitaire ont été adressés à Circle K pour non-affichage des prix, tandis que le Dublin Mint Office a reçu trois avis de conformité pour des clauses contractuelles abusives, des informations trompeuses sur son site web et l’omission d’informations essentielles pour les consommateurs. De même, trois pubs de Dublin (The Auld Dubliner, Fitzsimons Temple Bar et Dakota Bar) ont été mis en demeure de respecter l’obligation d’afficher une liste de prix.
Patrick Kenny, de la CCPC, a insisté sur la nécessité pour tous les acteurs économiques, qu’ils soient détaillants, restaurateurs ou influenceurs, de respecter la législation sur la protection des consommateurs.
« Que vous soyez un détaillant, un publicain ou un influenceur, vous devez vous conformer au droit de la consommation. »
Patrick Kenny, CCPC
Il a également souligné l’importance des contrôles réguliers effectués par les équipes de la CCPC pour garantir le respect des droits des consommateurs.
« Nos agents effectuent chaque année des centaines d’inspections, de balayages et d’enquêtes en magasin et en ligne, évaluant des milliers de produits et de transactions pour s’assurer que les droits des consommateurs sont respectés dans l’ensemble de l’économie. »
Patrick Kenny, CCPC
La CCPC plaide pour un renforcement de ses pouvoirs coercitifs, notamment la possibilité d’imposer des amendes proportionnelles au chiffre d’affaires des entreprises. Une consultation publique a été lancée sur un projet de loi visant à permettre à la CCPC d’infliger des amendes directes en cas d’infractions graves ou répétées. Selon Patrick Kenny,
« la capacité d’imposer des amendes importantes est un ajout essentiel à notre boîte à outils d’application ».
Patrick Kenny, CCPC