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même l’agent immobilier était sidéré

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Publié le 15 mai 2025. La tension sur le marché locatif parisien atteint des niveaux inédits, poussant les candidats à la location à des extrémités et incitant de plus en plus de propriétaires à se retirer du marché.

  • Le nombre de candidatures par annonce atteint des records, notamment dans le 11e arrondissement.
  • L’état des logements ne semble plus être un frein face à la demande, même les biens vétustes suscitent un engouement massif.
  • Les futures interdictions de location pour les logements classés « F » au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) pourraient aggraver la situation.

« Dire que le marché de la location est saturé à Paris est un doux euphémisme », témoigne Nicolas Jeffs, agent immobilier indépendant. Il constate au quotidien un phénomène alarmant : entre le contrôle des loyers, l’augmentation de la taxe foncière, les contraintes réglementaires et, surtout, les exigences du DPE, de nombreux propriétaires préfèrent retirer leurs biens de la location. Cette diminution de l’offre, combinée à une demande toujours croissante, crée une tension extrême.

Sur le terrain, cette situation se traduit par des scènes parfois surréalistes. Les locataires sont prêts à tout pour décrocher un appartement, craignant de ne pas trouver d’autre solution. Nicolas Jeffs raconte avoir reçu des SMS à 3 heures du matin de candidats réaffirmant leur intérêt pour un logement. Il évoque également le cas d’une mère de famille en larmes, désespérée de ne pas pouvoir offrir un toit à ses enfants, ou encore de candidats accompagnés de garants fictifs.

Récemment, l’agent immobilier a été submergé par les appels suite à la publication d’une annonce pour un studio de 20 mètres carrés (environ 215 pieds carrés) dans le 11e arrondissement, près du Square de la Roquette. Ce quartier est particulièrement prisé : une étude de l’agence Manda, spécialisée dans la gestion locative, publiée en avril 2025, révèle que le 11e arrondissement reçoit en moyenne 82 candidatures par annonce, contre 70 pour le 17e et 67 pour le 12e.

Le studio, affiché à 800 euros par mois, était pourtant loin d’être un bien attractif, selon l’agent. « Non seulement il était vétuste, avec de nombreuses traces d’humidité, mais il était également situé dans un immeuble de mauvaise qualité », confie-t-il. Malgré son état, l’annonce a généré un nombre record d’appels : « En un après-midi, j’ai reçu 400 appels. C’est un record ! » Ce qui a le plus frappé Nicolas Jeffs, outre l’attrait du quartier, c’est la qualité des dossiers de candidature. « La plupart des candidats dépassaient largement les critères habituels. Certains gagnaient quatre, cinq, voire dix fois le montant du loyer mensuel et disposaient d’une épargne conséquente », explique-t-il.

La solidité des garants a également impressionné l’agent immobilier. « La majorité percevaient des revenus confortables, compris entre 10 000 et 30 000 euros nets par mois », précise-t-il. Certains locataires se sont même présentés habillés de manière particulièrement soignée, « comme s’ils passaient un entretien d’embauche », ajoute-t-il.

Finalement, l’agent immobilier et le propriétaire ont choisi le dossier d’un jeune actif dont les parents, tous deux cadres, affichaient un revenu cumulé de plus de 20 000 euros par mois. Nicolas Jeffs est convaincu que ce type de situation va se reproduire. À partir de 2028, les logements classés « F » au DPE devraient également être interdits à la location, une contrainte qui risque d’accentuer encore davantage la tension sur le marché locatif parisien. Selon l’Observatoire Guy Hoquet Location, les biens étiquetés « F » représentent 4,2 % de l’offre locative enregistrée en France entre janvier et septembre 2025.

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