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« Merz arrive en Chine à dos de mulet »

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Le prochain voyage de Friedrich Merz en Chine s’annonce tendu, alors que Pékin affiche une irritation croissante face aux critiques allemandes et remet en question le concept même de « rivalité systémique ». L’Allemagne est perçue comme perdant du terrain diplomatique et économique, et doit repenser sa stratégie pour préserver ses intérêts dans la région.

Lors d’une vidéoconférence organisée vendredi par le Forum allemand du commerce mondial à Berlin, sur le thème des relations germano-chinoises à l’approche de la visite de la chancelière, il est apparu clairement que la Chine est prête à adopter une nouvelle posture. Au-delà des références habituelles à l’histoire commune initiée par Helmut Kohl, des critiques ouvertes, voire acerbes, à l’encontre du gouvernement fédéral allemand ont été exprimées.

Hu Chunchun, professeure à l’Institut d’études allemandes de l’Université Tongji de Shanghai, a vivement critiqué les déclarations du ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, qui avait récemment qualifié la Chine de « rival et d’adversaire idéologique » lors d’un déplacement à Singapour. Elle a dénoncé une attitude « typiquement allemande » consistant à « casser de la porcelaine » et a estimé que ces propos étaient comparables au « manque d’instinct » de son prédécesseur. « Le message est arrivé en Chine », a-t-elle insisté.

Selon Hu Chunchun, Friedrich Merz se rendra en Chine en tant que représentant d’un « camp atlantique déçu », cherchant de l’aide pour une « économie allemande en difficulté ». Elle lui reproche de maintenir une attitude de « supériorité morale » malgré les difficultés rencontrées par l’Allemagne. Le gouvernement allemand est accusé de faire preuve d’une « méfiance explicite » envers la Chine et de discréditer la « coopération économique » en la présentant comme une dépendance. Elle a affirmé que l’Allemagne « gaspille négligemment son capital en matière de politique étrangère » et souffre d’un « mutisme assourdissant » lorsqu’il s’agit de parler de la Chine.

La volonté de réduire la dépendance à l’égard des États-Unis ne s’est pas traduite, selon elle, par un renforcement de la coopération avec la Chine et l’Asie, ce qui pourrait avoir des conséquences à long terme sur les relations bilatérales. « Il y a un dicton chinois : planter un arbre est difficile, l’abattre est facile », a-t-elle souligné, soulignant l’importance de préserver les liens économiques existants, comme l’implantation de Mercedes-Benz en Chine et les réductions de prix sur ses nouveaux modèles.

Hu s’est moquée de la situation de Friedrich Merz, affirmant qu’il arrivera en Chine « à dos de mulet » en cette Année du Cheval de Feu. Bien que ces déclarations proviennent d’une professeure et ne représentent pas une position officielle, Sun Shouliang, l’envoyé chinois, a également exprimé l’incompréhension de Pékin face à l’insistance de Berlin à qualifier la Chine de « rival systémique », un terme qu’il juge « empoisonnant l’atmosphère ». Il a affirmé que la Chine n’a jamais cherché à imposer son système à l’Allemagne et a déclaré : « La Chine ne fera jamais la guerre à l’Europe. » Il s’est dit confiant dans la capacité des groupes de travail préparant la visite de la chancelière à « poursuivre l’histoire de succès germano-chinoise ».

À l’heure où « un président tient le monde en haleine », Sun Shouliang a souligné l’importance pour l’Allemagne et la Chine de garantir « la stabilité et la prospérité ». Eberhard J. Trempel, du Forum allemand du commerce mondial de Berlin, a plaidé pour la poursuite du dialogue, mais a mis en garde contre une approche « destructrice ». Johannes Selle (CDU), député de Thuringe, a mis en avant la bonne coopération au sein de CATL en Thuringe. Hans-Georg Knopp, ancien secrétaire général de l’Institut Goethe, a souligné la nécessité d’accroître les échanges culturels et d’améliorer la délivrance de visas, ainsi que d’envoyer davantage d’étudiants allemands en Chine et de promouvoir l’apprentissage de la langue chinoise.

Kai Mertins, ancien directeur du Fraunhofer, a appelé à une coopération accrue en matière de formation professionnelle. Wolfgang Röhr, ancien chef de l’équipe de travail Allemagne-Chine au ministère des Affaires étrangères, a noté un changement dans la position de Friedrich Merz, qui ne parle plus de droits de douane punitifs à l’égard de la Chine, mais met désormais l’accent sur l’ouverture des marchés.

À retenir

  • Point essentiel n°1 tiré du contenu : La Chine exprime son mécontentement face aux critiques allemandes et remet en question le concept de « rivalité systémique ».
  • Point essentiel n°2 tiré du contenu : Friedrich Merz est perçu comme un représentant d’une Allemagne en difficulté, cherchant de l’aide en Chine.
  • Point essentiel n°3 (optionnel) : Des voix s’élèvent pour plaider en faveur d’une approche plus constructive et d’un renforcement des échanges culturels et économiques.

Contexte

Les relations germano-chinoises sont à un tournant, marquées par des tensions croissantes liées aux questions commerciales, idéologiques et géopolitiques. L’Allemagne, traditionnellement un partenaire commercial important de la Chine, cherche à diversifier ses relations et à réduire sa dépendance économique, tout en maintenant un dialogue ouvert.

Ce qui change

La Chine adopte une posture plus assertive et critique envers l’Allemagne, remettant en question les fondements de la politique allemande à l’égard de Pékin. Cela pourrait entraîner une modification des relations bilatérales et une réévaluation des stratégies économiques et diplomatiques des deux pays.

Prochaines étapes

Il faudra surveiller de près la visite de la chancelière allemande en Chine et les résultats des discussions avec les dirigeants chinois. Les groupes de travail préparant cette visite joueront un rôle crucial dans la définition des futures orientations des relations germano-chinoises.

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