Publié le 2025-11-03 12:14:00. La société Meta, géant des réseaux sociaux, se défend fermement contre les accusations de violation du droit d’auteur formulées par le studio de production pornographique Strike 3 Holdings. Ce dernier allègue que Meta aurait utilisé des milliers de ses films pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle, une affirmation que Meta qualifie de « ridicule et non fondée ».
- Strike 3 Holdings accuse Meta d’avoir utilisé 2 396 de ses films pour entraîner des IA.
- Meta dément catégoriquement, arguant que ses recherches sur l’IA n’ont débuté qu’en 2022, soit après la période présumée de téléchargements.
- La société de Mark Zuckerberg estime que les téléchargements, s’ils ont eu lieu, l’ont été par des utilisateurs individuels pour leur usage personnel.
Le litige, déposé auprès du tribunal de district américain du district nord de Californie, repose sur l’affirmation de Strike 3 Holdings selon laquelle Meta aurait utilisé les adresses IP de ses utilisateurs pour télécharger illégalement des milliers de films protégés par copyright via BitTorrent. Le studio réclame la somme de 350 millions de dollars de dommages et intérêts. Selon la plainte, Meta aurait ainsi exploité un nombre conséquent d’œuvres pour développer ses propres logiciels d’intelligence artificielle, tels que le générateur vidéo MovieGen et le modèle linguistique Llama.
Face à ces allégations, Meta a fermement réfuté tout lien entre ces prétendus téléchargements et ses initiatives en matière d’intelligence artificielle. Dans sa réponse judiciaire, l’entreprise a déclaré : « Il n’y a aucun fait suggérant que Meta a formé un modèle d’IA sur des images ou des vidéos pornographiques, et encore moins l’a fait intentionnellement ». La société a également souligné que ses conditions d’utilisation interdisent explicitement la création ou la formation de contenu pour adultes, ajoutant que l’idée que la pornographie puisse améliorer les performances des IA est « inexacte et absurde ».
Meta a en outre critiqué la méthodologie de Strike 3 Holdings, qu’elle accuse de se livrer à des tactiques qualifiées « d’extorsion » par le passé, notamment par le biais de recours collectifs. Le géant des réseaux sociaux a argumenté que la plainte manquait de preuves tangibles et que les téléchargements présumés étaient « minimes et non coordonnés », suggérant qu’ils étaient probablement le fait de personnes utilisant le réseau Meta à des fins privées. L’entreprise a également relevé l’impossibilité pratique et l’intrusion que représenterait une surveillance exhaustive de chaque fichier téléchargé sur son réseau mondial.
La société a également mis en avant un décalage temporel crucial : Strike 3 Holdings affirme que les téléchargements remontent à 2018, tandis que Meta soutient que ses recherches actives sur l’IA multimédia n’ont commencé qu’en 2022. Cette divergence, selon Meta, affaiblit considérablement l’argumentation du studio. En conséquence, Meta a demandé au tribunal de rejeter le procès, estimant que les accusations manquent de fondement factuel et sont davantage basées sur des conjectures.