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« Météors », « Nouvelle vague »… Nos critiques cinéma de la semaine

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Publié le 2025-10-07 17:03:00. À seulement 23 ans, Paul Kircher s’impose comme une figure montante du cinéma français, naviguant avec aisance entre rôles d’adolescents complexes et premiers pas vers l’âge adulte. Son parcours, nourri par une famille d’artistes et une approche singulière de son métier, lui ouvre aujourd’hui les portes de rôles marquants.

  • Paul Kircher, 23 ans, s’est rapidement fait remarquer dans le paysage cinématographique français avec plusieurs rôles marquants.
  • Issu d’une famille de comédiens, il aborde sa carrière avec humilité et un sens aigu de l’observation.
  • Son dernier rôle dans « Météors » d’Hubert Charuel le propulse dans une nouvelle phase de sa carrière, celle du jeune adulte.

Le jeune comédien Paul Kircher, rencontré à Paris, incarne cette nouvelle génération d’acteurs français qui allient précocité et maturité. En à peine trois ans, il a su capter l’attention grâce à des rôles d’adolescents tourmentés, lui valant deux nominations aux César dans la catégorie révélation masculine. Son interprétation dans « Le Lycéen » de Christophe Honoré, où il campe un jeune homme confronté au deuil et aux turpitudes de l’adolescence, a marqué les esprits en 2022. L’année suivante, il donnait la réplique à Romain Duris dans « Le Règne animal » de Thomas Cailley, un film où la mutation humaine et virale s’invite au cœur du récit. En 2024, il incarne un adolescent fougueux des années 1980-1990 dans « Leurs enfants après eux » des frères Boukherma, une adaptation du roman de Nicolas Mathieu.

Autodidacte, Paul Kircher a pourtant grandi dans le milieu du théâtre et du cinéma, baignant dans l’univers artistique de sa famille. Sa mère, Irène Jacob, son père, Jérôme Kircher, et son frère cadet, Samuel, sont tous acteurs. « Nous ne parlons pas trop de nos films respectifs à la maison, mais j’ai grandi sur les plateaux et dans les loges de théâtre et maintenant je comprends mieux ce que faisaient mes parents ! », confie-t-il, lui qui a foulé pour la première fois les planches cette année aux côtés de Christophe Honoré dans « Les Idoles ».

Malgré cet héritage familial, Paul Kircher a d’abord cherché sa propre voie, s’orientant vers des études de géographie et s’impliquant dans un groupe de musique. Il considère que son expérience personnelle nourrit son jeu d’acteur : « Le travail et la vie quotidienne se nourrissent mutuellement. Les réalisateurs m’ont emprunté mon adolescence mais ils m’ont beaucoup donné en retour : en m’offrant ces rôles, ils ont partagé avec moi leur jeunesse et leur point de vue sur la vie. C’est une chance. »

Dans « Météors » d’Hubert Charuel, Paul Kircher franchit un nouveau cap en interprétant Mika, son premier rôle de jeune adulte, sans la présence parentale. Aux côtés d’Idir Azougli et Salif Cissé, il forme un trio d’amis soudés, confrontés aux difficultés de la vie à Saint-Dizier, une région marquée par le chômage et des perspectives d’avenir incertaines, incluant la possibilité de travailler pour un projet de « poubelle nucléaire ». Le film explore avec humour et gravité les thèmes de l’amitié, de la dépendance à l’alcool et des choix cornéliens nécessaires pour grandir et trouver sa place.

Hubert Charuel, déjà remarqué pour son film « Petit Paysan », livre avec « Météors » un portrait saisissant d’une jeunesse parfois oubliée, solidaire et touchante. Paul Kircher apprécie la complexité de son personnage : « Avant, j’ai joué des ados très centrés sur leurs sentiments intérieurs, mais, là, Mika s’ouvre à l’extérieur et s’inquiète pour son ami qui va mal, il pense que c’est de sa responsabilité de le sauver. J’aime ce scénario qui commence comme une ivresse, drôle et euphorique, mais qui tourne au lendemain de soirée qui déchante. »

L’acteur se distingue par une interprétation nuancée, loin des clichés du « jeune à problèmes ». Sa virilité délicate et sa sensibilité en font un comédien à part. Influencé par des figures comme Jean Yanne, Jean-Pierre Léaud et Vincent Lacoste, ainsi que par les œuvres de James Gray et Sidney Lumet, Paul Kircher ne se fixe pas de « plan de carrière » rigide. Il privilégie un cinéma français qu’il décrit comme porteur de « scénarios qui disent quelque chose de leur époque » et dirigé par des « metteurs en scène aux films très personnels. » Ses aînés du cinéma français devraient apprécier de le voir évoluer vers l’âge mûr.

Une lame de fond (5⭐/5)

« Nouvelle vague » de Richard Linklater avec Guillaume Marbeck, Zoey Deutsch, Adrien Rouyard, Alix Bénézech, Matthieu Penchinat. 1h45. Sortie mercredi. – Ltd / Jeanlouisfernandez – Jean-Louis Fernandez

Un film en noir et blanc, avec des comédiens méconnus, réalisé par un cinéaste texan pour évoquer le cinéma français des années 1960 : sur le papier, une proposition qui pourrait effrayer. Pourtant, « Nouvelle Vague » de Richard Linklater offre une expérience euphorique, un bain de jouvence où l’enthousiasme communicatif des jeunes cinéastes de la French New Wave traverse l’écran.

Bien que centré sur le tournage d' »À bout de souffle », le film est avant tout un merveilleux portrait d’une génération désireuse de révolutionner le cinéma de l’époque. Autour de Jean-Luc Godard, interprété par Guillaume Marbeck, et de Jean Seberg incarnée par Zoey Deutsch, on retrouve les figures emblématiques de François Truffaut (Adrien Rouyard), Claude Chabrol, Éric Rohmer, Jacques Rivette, ainsi que des collaborateurs essentiels tels que Suzanne Schiffman, Raoul Coutard et Pierre Rissient. Leurs mentors, Melville, Bresson et Rossellini, planent en parrains bienveillants.

Richard Linklater filme avec une joie contagieuse, recréant le film de Godard et son contexte de création sans jamais tomber dans la reconstitution figée. Il parvient à faire revivre cette époque révolue avec une fraîcheur surprenante, évitant le piège du mausolée cinématographique.

Cette légèreté est également portée par un casting de jeunes talents. Zoey Deutsch excelle dans le rôle de Jean Seberg, capturant sa séduction. Guillaume Marbeck compose un Godard convaincant, tandis qu’Aubry Dullin prête ses traits à Jean-Paul Belmondo et Adrien Rouyard à François Truffaut. En évitant l’imitation grossière, ces acteurs donnent vie à leurs personnages, faisant de « Nouvelle Vague » une réponse joyeuse et décomplexée au film « Le Redoutable » de Michel Hazanavicius, qui manquait, selon les critiques, d’une certaine sincérité.

Trois ans après la disparition de Jean-Luc Godard, « Nouvelle Vague » s’affirme comme un hommage sincère et vibrant. Il ne s’agit pas d’une vénération figée, mais d’un retour aux sources, célébrant l’audace et la joie enfantine de Godard et de la Nouvelle Vague. Linklater raconte, avec la verve d’un éternel post-adolescent, comment cette bande de « sales gosses » a non seulement cassé les codes, mais a surtout transformé le septième art pour notre plus grand plaisir.

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