Un groupe d’experts en informatique demande au gouvernement allemand de favoriser une alternative européenne aux logiciels de Microsoft dans les universités et les grandes écoles. Ils estiment que la dépendance créée par les licences gratuites de Microsoft 365 compromet la souveraineté numérique du pays.
Dans une lettre ouverte adressée au ministre du Numérique, Karsten Wildberger, les membres du groupe de travail de la Gesellschaft für Informatik eV (Société allemande d’informatique) plaident pour l’attribution de licences comparables pour OpenDesk, une solution logicielle développée en Allemagne. Ils soulignent l’incohérence de voir une initiative de souveraineté numérique financée par l’État fédéral être supplantée par une entreprise américaine soumise à des lois telles que le Cloud Act.
Le principal reproche formulé concerne la création d’une dépendance précoce envers l’écosystème Microsoft grâce à la distribution gratuite de ses logiciels aux étudiants. Cette intégration précoce rendrait plus difficile, à terme, l’adoption de solutions alternatives. « L’effet d’accoutumance rend un changement ultérieur de plus en plus improbable », expliquent les experts.
Par ailleurs, ils dénoncent le coût élevé pour les universités qui souhaitent continuer à utiliser OpenDesk. Elles doivent en effet débourser annuellement une somme à sept chiffres (plus d’un million d’euros) pour maintenir l’accès à cette solution. Au regard des enjeux actuels de souveraineté numérique, les auteurs de la lettre estiment que ce coût est disproportionné et qu’il est temps de reconsidérer cette situation.
L’objectif affiché est de briser les effets de verrouillage technologique et de faire progresser l’Allemagne vers une plus grande indépendance numérique. Les signataires de la lettre ouverte estiment qu’il est crucial de promouvoir des alternatives souveraines pour garantir la protection des données et la liberté d’action du pays.