Publié le 2025-10-22 20:31:00. L’annonce de la fin du support pour Windows 10 par Microsoft, prévue pour octobre 2025, soulève de sérieuses préoccupations environnementales et de cybersécurité pour des millions d’utilisateurs dont les appareils deviendront obsolètes.
- Environ 40 % des utilisateurs de Windows seront affectés par la fin du support de Windows 10, avec des centaines de millions d’appareils potentiellement mis au rebut.
- Cette obsolescence forcée risque d’aggraver le problème croissant des déchets électroniques et de laisser les utilisateurs vulnérables aux cyberattaques.
- Une solution alternative pour prolonger la durée de vie des appareils consiste à installer des systèmes d’exploitation alternatifs comme Linux Mint.
Alors que Microsoft a officiellement annoncé la fin du support de Windows 10 pour le 14 octobre 2025, une part significative des utilisateurs de systèmes d’exploitation Windows se retrouve devant un dilemme. Près de 40 % d’entre eux, équipés de machines ne répondant pas aux exigences techniques de Windows 11, sont confrontés à des choix limités. La perspective de devoir jeter des appareils encore fonctionnels ou de naviguer sur un système non sécurisé suscite une inquiétude grandissante.
Cette décision de Microsoft a déjà suscité des réactions vives de la part des experts en environnement et en cybersécurité. L’argument principal est que rendre obsolètes des centaines de millions d’ordinateurs existants ne fera qu’exacerber le fléau des déchets électroniques (ou e-waste). De plus, les utilisateurs qui ne pourront pas migrer vers de nouvelles machines seront exposés à un risque accru de failles de sécurité.
Des chercheurs de l’Université Georgia Tech, issus de la School of Interactive Computing (SIC) et de la School of Cybersecurity and Privacy (SCP), partagent ces préoccupations. Une analyse suggère que jusqu’à 240 millions d’appareils pourraient finir prématurément à la décharge suite à cette fin de support.
« La question des déchets électroniques soulève la problématique de pourquoi et comment ces technologies deviennent obsolètes. »
Cindy Lin, professeure adjointe en début de carrière au SIC.
Cindy Lin, dont les recherches portent sur les structures de données et la gouvernance environnementale, met en lumière le concept d’obsolescence programmée, où les produits sont délibérément conçus avec une durée de vie limitée. Ce cycle alimente la consommation et le gaspillage à grande échelle. L’impact environnemental est double : la décomposition des composants électroniques dans les décharges libère du méthane, un puissant gaz à effet de serre, tandis que la production de nouveaux appareils nécessite l’extraction, le raffinage et le traitement de matières premières, des processus énergivores qui dépendent largement des combustibles fossiles.
Le casse-tête de la cybersécurité
Bien que Microsoft ait promis de continuer à fournir des mises à jour de sécurité pour Windows 10 pendant un an supplémentaire après la fin officielle du support, la pression à la mise à niveau reste palpable. Passé cette période, les utilisateurs qui n’auront pas effectué la transition vers Windows 11 deviendront des cibles privilégiées pour les cybercriminels. Les tentatives de phishing, se faisant passer pour des communications officielles de Microsoft concernant des mises à jour, pourraient se multiplier.
« Les implications en matière de cybersécurité sont très graves, car les nouvelles vulnérabilités de Windows 10 ne seront pas corrigées pour une grande partie de la base d’utilisateurs de ce système. Ces utilisateurs deviendront la cible de pirates informatiques et de cybercriminels qui pourront exploiter ces vulnérabilités. Cela rendra ces machines plus sujettes à des attaques telles que les rançongiciels et l’exfiltration de données. »
Mustaque Ahamad, professeur Regents’ Entrepreneur et président par intérim du SCP.
Les alternatives pour les utilisateurs
L’achat d’un nouvel appareil représente un investissement conséquent, allant de 300 € pour un modèle d’entrée de gamme à plus de 2 500 € pour des configurations haut de gamme destinées aux jeux vidéo. Face à ce constat, une solution s’offre aux utilisateurs désireux de prolonger la vie de leur matériel : l’installation d’un système d’exploitation alternatif et gratuit, tel que Linux Mint.
« J’espère qu’au lieu de l’abandonner, les gens verront cela comme une opportunité d’accéder à un écosystème plus ouvert comme Linux Mint, conçu pour les utilisateurs de Windows. Tant de matériels parfaitement performants sont rendus obsolètes de force, alors que les utilisateurs sont plus que disposés à leur donner une seconde vie, que ce soit par la fin du support logiciel, la proposition de services par abonnement nécessitant certaines versions d’un système d’exploitation, ou même par la conception de matériel ou de fonctions bas niveau qui réduisent l’autonomie des appareils. »
Josiah Hester, professeur agrégé à l’École d’IC, spécialisé en informatique et durabilité.
Linux Mint est une distribution open source qui propose sa propre suite d’applications, incluant un traitement de texte, et bénéficie d’un système de sécurité intégré. Ses exigences matérielles sont relativement modestes : 2 Go de RAM, 20 Go d’espace disque et une résolution d’écran de 1024 x 768 pixels suffisent pour son fonctionnement.
Au niveau systémique, Cindy Lin et Josiah Hester encouragent le soutien aux organisations qui militent pour le droit à la réparation et pour des législations protégeant les consommateurs contre l’obsolescence programmée. Le mouvement pour le « droit à la réparation » aux États-Unis, par exemple, vise à rendre la technologie plus facilement réparable, et donc plus durable.