Publié le 19 février 2025 à 08h26. L’Inde s’affirme comme un acteur majeur de l’intelligence artificielle sur la scène internationale, avec l’ambition de développer des technologies innovantes localement et de les déployer à l’échelle mondiale. Un sommet à New Delhi a réuni des dirigeants et des experts pour discuter de l’avenir de cette technologie et de son accès équitable.
- Le Premier ministre indien Narendra Modi a présenté l’Inde comme un pôle d’innovation en matière d’IA, misant sur son infrastructure numérique et son marché en pleine croissance.
- Un fonds de 3 milliards de dollars (environ 2,75 milliards d’euros) a été proposé pour aider les pays les plus pauvres à développer leurs capacités en IA.
- Le sommet a été marqué par des difficultés organisationnelles et des controverses, notamment le retrait de Bill Gates et une affaire de fraude concernant une démonstration technologique.
New Delhi a accueilli un sommet international consacré à l’impact de l’intelligence artificielle, réunissant des chefs d’État, des responsables technologiques et des décideurs politiques. L’événement a permis à l’Inde de se positionner comme un pont entre les nations développées et les pays du Sud, en mettant en avant ses succès en matière de numérisation et son potentiel d’innovation.
Narendra Modi a souligné la vision de son gouvernement : « Concevoir et développer en Inde. Livrer au monde. Livrer à l’humanité ». Il a insisté sur la nécessité de démocratiser l’accès à l’IA, en particulier pour les pays en développement, afin qu’elle devienne un outil d’inclusion et d’autonomisation. L’Inde, avec près d’un milliard d’internautes, représente un marché stratégique pour les entreprises technologiques qui investissent massivement dans le secteur de l’IA.
Plusieurs annonces d’investissements importants ont été faites lors du sommet. Microsoft a promis d’investir 17,5 milliards de dollars (environ 16 milliards d’euros) sur quatre ans pour développer l’infrastructure cloud et l’IA en Inde. Cette annonce fait suite à un investissement de 15 milliards de dollars (environ 13,8 milliards d’euros) de Google sur cinq ans, incluant la création de son premier centre d’IA dans le pays. Amazon s’est également engagé à investir 35 milliards de dollars (environ 32 milliards d’euros) d’ici 2030, en ciblant la numérisation basée sur l’IA. L’Inde espère attirer 200 milliards de dollars (environ 184 milliards d’euros) d’investissements dans les centres de données dans les années à venir.
Cependant, l’Inde est encore à la traîne dans le développement de ses propres modèles d’IA à grande échelle, comparables à ceux d’OpenAI, basé aux États-Unis, ou de DeepSeek en Chine. Les défis à relever incluent l’accès limité aux puces semi-conductrices avancées, aux centres de données et à la complexité des centaines de langues locales qui nécessitent des données d’apprentissage spécifiques.
Le sommet n’a pas été exempt de difficultés. Dès son ouverture, des problèmes d’organisation ont été signalés, avec de longues files d’attente, des retards et des signalements de vols d’effets personnels. Une université privée indienne a même été exclue du sommet après avoir présenté un chien robotique fabriqué en Chine comme une innovation locale. De plus, le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, a annulé sa participation à un discours prévu, sans explication officielle, bien que la Fondation Gates ait indiqué que cette décision visait à « garantir que l’accent reste mis sur les priorités clés du Sommet sur l’IA ». Cette annulation intervient alors que Bill Gates est confronté à des questions concernant ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a mis en garde contre le risque que l’avenir de l’IA soit décidé par un petit nombre de pays ou de milliardaires.
« L’avenir de l’IA ne peut pas être décidé par une poignée de pays, ni laissé aux caprices de quelques milliardaires »
António Guterres, secrétaire général de l’ONU
Il a souligné que l’IA doit « appartenir à tout le monde ».