Publié le 16 février 2026 à 00h39. La fille de Kim Jong Un, Kim Ju Ae, est de plus en plus souvent présentée comme son successeur potentiel à la tête de la Corée du Nord, une évolution confirmée par les services de renseignement sud-coréens et marquée par une présence accrue dans les médias d’État.
- Kim Ju Ae apparaît de plus en plus fréquemment lors d’événements officiels, notamment militaires.
- Les services de renseignement sud-coréens estiment qu’elle est désormais clairement désignée comme successeur.
- Sa présence est perçue comme une tentative d’humaniser l’image du régime nord-coréen.
Pyongyang – Les spéculations concernant la succession à la tête de la Corée du Nord s’intensifient, avec une attention croissante portée sur Kim Ju Ae, la fille du dirigeant Kim Jong Un. Selon Lee Seong-kweun, un membre du parlement sud-coréen, l’Agence de renseignement nationale (NIS) considère désormais que Kim Ju Ae est officiellement désignée comme successeur de son père. Cette information a été communiquée après un briefing de la NIS.
L’augmentation de la visibilité de Kim Ju Ae dans les médias d’État et lors d’événements officiels est un indicateur clé de cette désignation. Elle a été aperçue accompagnant Kim Jong Un lors de programmes stratégiques, notamment des activités militaires et des cérémonies d’État. En janvier dernier, elle a rendu hommage à son grand-père et arrière-grand-père, Kim Il Sung et Kim Jong Il, au Palais du Soleil de Kumsusan, un lieu de sépulture symbolique, renforçant ainsi les spéculations sur son rôle futur.
La famille Kim dirige la Corée du Nord depuis des décennies, s’appuyant sur un puissant culte de la personnalité autour de la « lignée Paektu ». Kim Ju Ae, dont l’âge est estimé à 13 ans, est la fille de Kim Jong Un et de Ri Sol Ju. Son existence même est restée longtemps un secret, révélée pour la première fois par le basketteur américain Dennis Rodman en 2013. Rodman avait alors déclaré au Guardian : « J’ai tenu leur bébé, Ju Ae, et j’ai également parlé avec (son épouse Kim) ».
Selon des informations rapportées par la BBC et The Independent, Kim Ju Ae n’a jamais été inscrite dans un établissement scolaire traditionnel et a reçu une éducation à domicile ou dans un cadre privé à Pyongyang. Les services de renseignement sud-coréens ont également indiqué qu’elle s’intéresse à des activités telles que l’équitation, la natation et le ski. Elle a également un frère aîné et un frère cadet, dont le sexe n’a pas été confirmé par l’agence de renseignement.
Sa première apparition à la télévision d’État nord-coréenne remonte à 2022, lors d’une inspection d’un nouveau missile balistique intercontinental. Depuis, sa présence dans les médias d’État n’a cessé de croître, la transformant d’une enfant discrète en un visage familier lors des événements nationaux importants. Les médias nord-coréens la décrivent désormais souvent comme « bien-aimée », « vénérée » ou « une grande figure directrice ».
Sa présence publique est également interprétée comme une tentative d’adoucir l’image de son père, souvent perçu comme un dictateur impitoyable. En novembre 2023, une photo des médias d’État la montrait au premier plan, avec Kim Jong Un en arrière-plan, un arrangement inhabituel qui, selon les analystes, n’aurait pas pu se produire sans l’approbation du dirigeant nord-coréen. Lors des célébrations du Nouvel An 2024, Kim Jong Un et Kim Ju Ae se sont embrassés sur la joue devant une foule de résidents de Pyongyang, un geste inhabituel qui a été largement diffusé.
Récemment, Kim Ju Ae a également semblé dépasser son père en taille, marchant à ses côtés plutôt que de le suivre, un détail qui, dans le contexte de la propagande nord-coréenne, est considéré comme significatif. Elle a également rejoint son père pour accueillir des dignitaires étrangers, et sa figure est de plus en plus mise en avant par les principaux collaborateurs de Kim Jong Un dans les médias d’État.