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Montero supervisera désormais les concerts de santé andalous dont il a fait la promotion

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Publié le 14 février 2026 à 08h59. La ministre de la Santé, Monique García, ambitionne de remodeler en profondeur le système de santé espagnol en abrogeant une loi de 1997 qui encadre le recours au secteur privé, une initiative qui suscite des critiques et des accusations de motivations idéologiques.

  • La ministre de la Santé souhaite abroger la loi 15/1997, qui autorise l’externalisation de services de santé à des entités privées.
  • Un nouveau projet de loi vise à limiter la gestion privée des hôpitaux publics, tout en maintenant d’autres formes de collaboration public-privé.
  • L’Andalousie est citée comme exemple d’une région où le recours aux concerts (contrats avec le secteur privé) reste limité, contrairement à d’autres communautés autonomes.

Le gouvernement espagnol a franchi une étape décisive dans sa volonté de réformer le système de santé avec l’approbation, mercredi dernier, d’un projet de loi visant à encadrer plus strictement le rôle du secteur privé. Cette initiative, portée par la ministre de la Santé, Monique García (Más Madrid), s’attaque frontalement à la loi 15/1997, adoptée sous le premier gouvernement de José María Aznar, qui a ouvert la voie à l’externalisation des services de santé à travers toute l’Espagne.

Monique García, qui pourrait être candidate de son parti aux élections régionales de 2027, entend remplacer cette loi par une nouvelle réglementation, baptisée « Gestion Publique et Intégrité du Système National de Santé (SNS) ». Si ce projet aboutit, il marquera un tournant dans la gouvernance du secteur, en limitant drastiquement les accords qui complètent l’offre de soins dans des régions comme l’Andalousie.

La ministre est ferme sur son positionnement :

« S’il faut qu’il y ait une maladie pour qu’il y ait des affaires, il y a déjà un conflit d’intérêts. Nous allons abroger la loi 15/97 mais ce n’est pas suffisant. Nous devons déraciner le réseau qui parasite la santé publique et classe les patients comme rentables ou non. »

Monique García, ministre de la Santé

Elle dénonce une logique économique qui prend le pas sur l’intérêt des patients, où le diagnostic ou le traitement sont influencés par les gains potentiels pour les entreprises privées.

Le projet de loi approuvé par le Conseil des ministres vise à mettre fin à la gestion privée directe de cinq hôpitaux publics en Espagne, tous situés à Madrid et à Elche. Il ne s’agit pas d’une interdiction totale des collaborations public-privé, mais d’une limitation et d’un encadrement plus strict, notamment des « concerts » – des contrats passés avec des cliniques privées pour fournir des services spécifiques – qui sont pratiqués en Andalousie.

La ministre insiste sur la nécessité d’une justification transparente de tout recours à l’externalisation :

« On ne peut pas recourir à la gestion indirecte par caprice ou par idéologie. »

Monique García, ministre de la Santé

Elle souhaite que les communautés autonomes motivent par un rapport écrit toute décision d’externaliser des services, expliquant pourquoi elles ne peuvent pas les fournir directement. Le gouvernement propose également une publication régulière d’informations détaillées sur les contrats et les accords passés avec le secteur privé.

Cette volonté de contrôle accru contraste avec les pratiques antérieures de Maria Jesús Montero, actuelle première vice-présidente du gouvernement, qui, lorsqu’elle était ministre de la Santé en Andalousie (entre 2004 et 2013), a institutionnalisé les « concerts » et signé, en 2012, sept accords de santé avec des cliniques privées pour un montant total de 485 millions d’euros. C’est d’ailleurs le gouvernement socialiste andalou qui a mis en place le modèle actuel de recours à la clinique privée pour réduire les listes d’attente, un modèle ensuite repris par le Parti Populaire.

Actuellement, les « concerts » de santé en Andalousie représentent 3,23 % du budget global du Service de santé andalou (SAS), un pourcentage en baisse depuis 2015, à l’exception de 2024 (2,85 %). Les années où le recours à l’externalisation a été le plus important ont été les dernières années de la présidence de Susana Díaz. Sous la direction de Juanma Moreno, la moyenne annuelle de ce pourcentage est de 3,6 %.

Il est à noter que l’Andalousie consacre moins de ressources aux « concerts » de santé que les quatre communautés autonomes gouvernées par le PSOE : les Asturies (6,02 %), la Navarre (6,49 %), le Castille-La Manche (4,98 %) et la Catalogne (21,96 %).

La ministre cible également le Parti Populaire :

« Il existe des modèles de santé, notamment promus par le PP, qui parasitent notre système de santé national et qui attirent les patients des hôpitaux publics, plus rentables, pour obtenir un bénéfice économique. »

Monique García, ministre de la Santé

Elle dénonce une « ingénierie économique » qui consiste à attirer les patients des hôpitaux publics vers le secteur privé, en exploitant des listes d’attente dégradées.

Ces accusations suscitent des réactions au sein du PP andalou. La députée Beatriz Jurado critique le manque d’informations sur le projet de loi :

« Nous ne connaissons pas la loi que la ministre envisage de remplacer par l’actuelle, car elle n’a pas fourni d’informations, nous considérons donc qu’elle se comporte de manière irresponsable, car elle propose une réforme à grande échelle du système sans proposer d’alternative, c’est pourquoi cela ne fait que générer des doutes et mettre des tensions sur le système, la politique de santé. »

Beatriz Jurado, députée du PP-A

Elle souligne les différences entre les modèles andalou et madrilène, où les hôpitaux privés opèrent directement pour fournir des soins publics, tandis qu’en Andalousie, le recours aux « concerts » se limite à des services spécifiques.

Beatriz Jurado pointe également une contradiction dans la politique de la ministre, qui maintient les « concerts » à Ceuta et Melilla, ainsi que dans les établissements pénitentiaires, et a privatisé l’assistance aux fonctionnaires via le Muface. Elle conclut en appelant à une approche pragmatique, loin des considérations idéologiques, et en soulignant l’importance de répondre aux préoccupations des professionnels de santé.

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