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Mumford & Sons : Critique de l’album Prizefighter

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Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le groupe Mumford & Sons, après des années de succès et de tentatives de réinvention, revient avec un nouvel album qui explore des thèmes personnels et spirituels, marquant une nouvelle étape dans leur parcours musical.

Après avoir conquis le public avec des hymnes folk-rock énergiques, Mumford & Sons a souvent été tiraillé entre la reconnaissance populaire et le respect critique. Le groupe, connu pour avoir intégré des influences allant de la littérature classique à Bob Dylan, a souvent été réduit à l’image de ses succès les plus commerciaux, notamment l’utilisation répétée du mot « cœur » dans leurs premiers albums. Pourtant, leur album Wilder Mind (2015) avait anticipé une tendance pour des sonorités rock plus sombres et atmosphériques, même si le producteur James Ford a récemment exprimé des regrets quant à son travail sur ce projet, comme il l’a confié à NME.

Le groupe a ensuite traversé une période tumultueuse, marquée par la sortie de l’album Delta (2018), le départ controversé du banjoïste Winston Marshall, et la publication d’un album solo brut et introspectif par Marcus Mumford en 2022. Le trio s’est ensuite recentré sur ses racines avec Rushmere, produit par Dave Cobb. Parallèlement, le genre folk-rock qu’ils ont contribué à populariser a connu une résurgence avec des artistes émergents comme The Oh Hellos et Crane Wives, attirant un public fidèle mais passant largement inaperçu aux yeux de la critique.

Aujourd’hui, une nouvelle génération de mélomanes redécouvre avec nostalgie leur album Sigh No More (2009), de la même manière que leurs aînés se souvenaient des premiers albums de Coldplay. Cet album a peut-être ouvert la voie à un intérêt plus large pour le folk et le bluegrass, ou du moins incité à (re)découvrir la bande originale du film O Brother, Where Art Thou?. L’influence du groupe se retrouve également dans l’émergence de nouveaux artistes comme Noah Kahan, qui revisitent avec succès le style « stomp-clap-folk ».

C’est dans ce contexte que Mumford & Sons a retrouvé Aaron Dessner, avec qui ils avaient déjà collaboré par le passé, pour un séjour de dix jours dans son studio de Long Pond. Le résultat est un album qui tente de justifier leur longévité face à leurs contemporains. Loin de chercher à reproduire le succès passé, le groupe semble vouloir répondre aux critiques qui leur ont été adressées au fil des ans. Co-écrit avec Brandi Carlile et agrémenté des voix de Chris Stapleton, l’album ne parvient cependant pas toujours à atteindre l’impact émotionnel de leurs anciens tubes.

Sur la chanson « Alleycat », Marcus Mumford se questionne : « Est-ce tout ce qu’il y a ? ». À partir de ce moment, l’album prend une nouvelle direction, abandonnant une authenticité forcée pour une quête plus sincère de sens. Le groupe a déjà exploré des thèmes de foi sur des chansons comme « Under My Feet » (Babel) et « Continue » (Rushmere), et Marcus Mumford aborde ce sujet avec une sensibilité particulière dans ses interviews, comme en témoigne cette vidéo. La chanson « Begin Again » se distingue par ses références directes au père de Mumford, pasteur de l’église évangélique Vineyard Churches en Grande-Bretagne :

« Ne porte pas les péchés de ton père plus que tu ne peux en supporter / Je jure qu’il y a une autre voie »

Marcus Mumford

. Cette chanson, plus énergique que les standards du groupe, illustre la puissance de la formule lorsqu’elle est portée par des enjeux réels.

L’album s’ouvre sur « Here », où Mumford se livre avec une vulnérabilité déconcertante :

« Voici ma carte de crédit et mes clés / Et les raisons pour lesquelles je ne trouverai pas la paix / Voici mon adresse et ceux que je blâme. »

Marcus Mumford

. Une confession qui surprend d’autant plus qu’il n’enchaîne pas avec la formule habituelle : « Voici l’église, voici le clocher… »

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