La NBA reprend ses droits : entre enquêtes, expansions et futurs incertains
La saison 2025-2026 de la NBA débute officiellement ce mardi soir, promettant une fois de plus son lot d’émotions fortes et de questions brûlantes. Tandis que les champions en titre, les Oklahoma City Thunder, accueillent les Houston Rockets, une rivalité interne captivera l’attention avec le match opposant les Golden State Warriors aux Los Angeles Lakers. Au-delà de l’action sur les parquets, plusieurs dossiers complexes s’invitent au cœur des discussions.
Une enquête délicate plane au-dessus des Clippers
L’un des premiers nuages à s’amonceler au-dessus de la ligue concerne les Los Angeles Clippers et une possible violation du plafond salarial. Suite à des révélations du podcasteur et journaliste Pablo Torre, la NBA a ouvert une enquête. Celle-ci porte sur un accord de partenariat entre Kawhi Leonard et la société Aspiration, conclu en avril 2022, neuf mois après sa prolongation de contrat avec les Clippers. Selon les informations, Leonard aurait signé un contrat d’endossement de quatre ans pour 28 millions de dollars, assorti d’options sur des actions Aspiration d’une valeur estimée à 20 millions de dollars.
Le timing de cette transaction soulève des interrogations, d’autant plus que le propriétaire des Clippers, Steve Ballmer, avait investi 50 millions de dollars dans Aspiration quelques mois auparavant, en septembre 2021. Aucune preuve n’indique que Leonard ait effectivement effectué un travail de promotion pour Aspiration. Un ancien employé de l’entreprise aurait même confié à Torre que cet arrangement visait à « contourner le plafond salarial ».
Les Clippers réfutent toute irrégularité. Steve Ballmer a affirmé avoir été « dupé » par des individus coupables de fraude. Par ailleurs, le co-fondateur d’Aspiration, Joe Sandberg, a plaidé coupable de deux chefs d’accusation de fraude électronique en août. Interrogé sur le sujet lors de la journée médiatique, Kawhi Leonard a tenté de minimiser l’affaire, déclarant ne pas s’occuper des « conspirations ou des analystes sensationnalistes ». Cependant, sa réponse sur une somme d’environ 7 millions de dollars qu’il pourrait encore devoir recevoir d’Aspiration a été plus évasive : « Je ne suis pas sûr, je dois jeter un œil aux livres », avant d’ajouter : « Non, c’est plus que ça, c’est certain ». Cette affaire complexe risque de peser sur les Clippers et sur la NBA tout au long de la saison.
Adam Silver face à de multiples défis
Le commissionnaire Adam Silver se trouve au centre de plusieurs enjeux majeurs. Au-delà de l’enquête sur les Clippers, il doit gérer la question de l’expansion de la ligue. Des villes comme Seattle, Las Vegas et Kansas City sont régulièrement citées comme candidates potentielles pour accueillir de nouvelles franchises sur le territoire américain. Parallèlement, la NBA affiche clairement son ambition d’étendre sa présence en Europe, avec l’objectif de créer une ligue rivale à l’EuroLeague. Une telle initiative pourrait générer des revenus considérables grâce aux frais d’expansion.
Adam Silver a indiqué que les plans d’expansion domestique et européenne progressaient sur des voies distinctes mais parallèles. À cela s’ajoutent les problèmes récurrents qui surgissent en cours de saison et l’éternelle refonte du format du All-Star Game, une tentative continue de ranimer une vitrine jugée défaillante. Et bien sûr, il devra statuer sur les actions du propriétaire le plus fortuné de la ligue concernant Kawhi Leonard et le plafond salarial. Cette douzième saison complète d’Adam Silver à la tête de la NBA pourrait bien être la plus ardue.
Le futur de Giannis Antetokounmpo en suspens
La question du maintien de Giannis Antetokounmpo à Milwaukee empoisonne déjà l’intersaison. Suite à des rumeurs de discussions entre les Knicks et les Bucks concernant un transfert du joueur grec, l’entraîneur Doc Rivers s’est retrouvé dans l’obligation de répondre aux interrogations sur son étoile. « C’est comme si on créait l’histoire pour ensuite en rendre compte », a-t-il déploré, tout en concédant qu’il n’y avait pas grand-chose à faire face à cette situation.
Giannis lui-même a affirmé être « engagé » avec les Bucks pour la saison actuelle, mais a conservé la possibilité de changer d’avis dans les six à sept mois. Il a également dit ne pas se souvenir d’une rencontre avec le gouverneur Wes Edens où ce dernier aurait affirmé que le joueur avait exprimé son engagement envers la franchise. La frustration des Bucks est compréhensible, mais le fait que Giannis n’ait pas suivi l’exemple de Nikola Jokic, qui a déclaré vouloir rester un Nugget pour la vie, est révélateur. Tant qu’il ne fera pas une déclaration similaire, ce sujet accompagnera les Bucks toute la saison.
La fin d’une ère pour LeBron James ?
À 41 ans en fin d’année, LeBron James s’apprête à entamer sa 23ème saison en NBA, un record absolu. La saison dernière, il avait été sélectionné dans la All-NBA Second Team, prolongeant ainsi son record à 21 présences consécutives, soit depuis sa rookie season. Cependant, plusieurs facteurs pourraient compromettre une éventuelle 22ème sélection.
Victime de sciatique, LeBron a manqué le camp d’entraînement et la pré-saison, et devrait rater le début de la saison régulière. L’entraîneur des Lakers, JJ Redick, a indiqué que James « suivait son propre calendrier ». Pour être éligible aux distinctions individuelles, un joueur doit disputer au moins 65 matchs. Si le nombre de parties jouées par James ces dernières saisons (55 et 56 lors des exercices 2021-2022 et 2022-2023) et son indisponibilité en début de saison actuelle font peser un doute sur sa capacité à atteindre ce seuil, sa 22ème sélection All-NBA pourrait bien être compromise.
L’ascension fulgurante de Victor Wembanyama
La deuxième saison de Victor Wembanyama s’annonce sous les meilleurs auspices. Après une première année remarquable, marquée par une sélection au All-Star Game et des moyennes impressionnantes (24,3 points, 11 rebonds, 3,7 passes décisives, avec des pourcentages de 47,6 % au tir et 83,6 % aux lancers francs), le prodige français continue de surprendre. Malgré quelques interrogations sur sa sélection de tirs à trois points, son potentiel est indéniable. À seulement 21 ans, il semble être au début d’une carrière qui pourrait redéfinir le jeu.
La saison dernière, Wembanyama a réalisé une performance rare : plus de 25 points, 5 rebonds, 5 passes décisives, 5 interceptions et 5 contres, un exploit qu’il n’est pas le seul à avoir réalisé dans l’histoire de la ligue, mais seulement Hakeem Olajuwon l’a fait plus d’une fois. Privé de plusieurs matchs en raison d’une thrombose veineuse profonde, il avait tout de même terminé meilleur contreur de la ligue avec 176 blocs, soit 28 de plus que son second, Brook Lopez, malgré 80 matchs joués. S’il reste épargné par les blessures et franchit le seuil des 65 matchs, il est un candidat sérieux pour le titre de Meilleur Défenseur de l’Année pour les années à venir. La question reste cependant de savoir si son talent individuel suffira à propulser les Spurs dans une Conférence Ouest particulièrement relevée.
Qui défiera OKC à l’Ouest ?
Les Oklahoma City Thunder, favoris pour remporter à nouveau la Conférence Ouest, devront faire face à une concurrence accrue. La quasi-totalité des équipes de la conférence aspirent à une place en tournoi de qualification (play-in). Les Denver Nuggets, seconds prétendants, ont renforcé leur effectif avec l’ajout de Bruce Brown, Tim Hardaway Jr. et Jonas Valanciunas, et ont échangé Michael Porter Jr. contre Cam Johnson. Les Los Angeles Clippers, forts d’un effectif profond, et les Lakers, menés par Luka Doncic et LeBron James, figurent également parmi les outsiders. Les Minnesota Timberwolves, finalistes de conférence ces deux dernières saisons, et les Houston Rockets, malgré la blessure de Fred VanVleet, mais renforcés par l’arrivée de Kevin Durant, constituent d’autres menaces sérieuses. Les Golden State Warriors, avec Jimmy Butler aux côtés de Stephen Curry, Draymond Green et Al Horford, complètent la liste des prétendants. La bataille pour le titre de champion de l’Ouest s’annonce intense, avec une préférence pour les Nuggets qui semblent le mieux armés pour contester la suprématie d’OKC.
L’Est, un continent à reconquérir ?
Comparée à l’Ouest, la Conférence Est paraît plus faible, ou du moins plus déséquilibrée. Les Cleveland Cavaliers, forts de leur meilleure attaque la saison passée et d’une défense solide, et les New York Knicks, qui ont nommé Mike Brown comme entraîneur, se détachent en tête. Les Cavaliers, avec un effectif all-star et le titre de meilleur défenseur de l’année pour Evan Mobley, ont de fortes chances de remporter la conférence. Les Knicks, quant à eux, devraient bénéficier d’une gestion plus prudente des minutes de leurs joueurs cadres et d’une rotation renforcée.
Derrière ce duo, le Magic d’Orlando, réputé pour sa défense mais en manque d’efficacité offensive, les Atlanta Hawks, avec un bon mercato estival, les Boston Celtics, diminués par la blessure de Jayson Tatum et des mouvements de personnel importants, et les Detroit Pistons, en nette progression, complètent le tableau. Si des équipes comme le Magic, les Hawks ou les Celtics devraient offrir des saisons compétitives, leur capacité à rivaliser avec les ténors de l’Ouest reste une interrogation. Les Bucks, les Sixers, les Pacers et le Heat, malgré leurs qualités, présentent également des lacunes qui pourraient les écarter de la course au titre. L’Est promet un spectacle intéressant, mais la majorité des équipes visant le sacre final semble se trouver de l’autre côté du pays.