Publié le 22 février 2026 à 22h28. Le gendarme argentin Nahuel Gallo, détenu au Venezuela depuis décembre 2024, a rejoint une grève de la faim impliquant plus de 200 prisonniers politiques, selon sa compagne et des organisations de défense des droits de l’homme.
Le gendarme argentin Nahuel Gallo a rejoint une grève de la faim menée par plus de 200 détenus dans la prison d’El Rodeo I, située en périphérie de Caracas, a révélé ce dimanche sa compagne vénézuélienne, María Alexandra Gómez. Selon elle, cette action de protestation est une réponse à des conditions de détention jugées inhumaines.
« Aujourd’hui, j’ai reçu l’information selon laquelle Nahuel Agustín Gallo et plus de 200 personnes détenues à El Rodeo 1 ont entamé une grève de la faim. Ce qu’ils font a dépassé la limite de l’INHUMAIN », a déclaré María Alexandra Gómez sur son compte X. Elle a également pointé du doigt le directeur de l’établissement pénitentiaire, Martínez Rangel, en l’estimant responsable de la sécurité de son compagnon et des autres détenus.
Le Foro Penal, une ONG qui défend les détenus politiques au Venezuela, a confirmé le début de la grève de la faim. Alfredo Romero, son directeur, a initialement indiqué qu’environ 100 prisonniers politiques participaient à la protestation, mais María Alexandra Gómez affirme que le nombre de participants dépasse les 200.
Selon le Foro Penal, 81 prisonniers vénézuéliens ne consomment que de l’eau pour éviter la déshydratation, tandis que 132 autres, Vénézuéliens et étrangers, se privent à la fois de nourriture et d’eau. Nahuel Gallo serait dans cette dernière catégorie, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à son état de santé.
La compagne de Nahuel Gallo a également souligné le besoin d’une assistance consulaire et d’une visite de la Croix-Rouge internationale pour s’assurer de son bien-être. Des avocats impliqués dans la défense des droits de l’homme ont également signalé la présence de plusieurs citoyens colombiens parmi les participants à la grève de la faim.
Une équipe de la Croix-Rouge s’est rendue à El Rodeo ce dimanche pour évaluer la situation des prisonniers.
Nahuel Gallo n’a pas bénéficié de la récente loi d’amnistie approuvée par l’Assemblée vénézuélienne, a dénoncé María Alexandra Gómez. Il a été arrêté le 8 décembre 2024 à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, alors qu’il se rendait en territoire vénézuélien.
L’arrestation de Nahuel Gallo a créé des tensions diplomatiques entre l’Argentine et le Venezuela. Le gouvernement argentin affirme qu’il s’était rendu au Venezuela pour rendre visite à sa compagne et à son fils, tandis que les autorités vénézuéliennes l’accusent d’être impliqué dans des activités terroristes et déstabilisatrices, des allégations rejetées par Buenos Aires et les organisations de défense des droits de l’homme.
Le cas de Nahuel Gallo intervient dans un contexte de tensions politiques et diplomatiques entre l’Argentine et le Venezuela, exacerbées par la capture de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores par les États-Unis le 3 janvier dernier, et la nomination de Delcy Rodríguez comme présidente par intérim du Venezuela.
Selon des sources proches du dossier, des tentatives de libération de Gallo pourraient être liées à la reprise des activités de l’entreprise Impsa au Venezuela, notamment concernant la livraison de dix turbines hydroélectriques commandées en 2008. Des négociations impliquant l’échange de ces turbines contre la libération de Gallo et d’autres détenus auraient été envisagées, mais ont été abandonnées par crainte de légitimer le gouvernement vénézuélien.