Publié le 26 janvier 2026 18h30. Le gouvernement israélien a franchi une nouvelle étape dans sa politique à l’égard des Palestiniens en autorisant l’expulsion de citoyens israéliens d’origine palestinienne, une mesure controversée qui suscite de vives critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme.
- Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a signé un décret ordonnant la révocation de la citoyenneté et l’expulsion de deux Israéliens palestiniens condamnés pour des actes de violence.
- Cette décision fait suite à l’adoption en 2023 d’une loi controversée permettant de punir les Palestiniens détenteurs de la nationalité israélienne ou d’un permis de séjour permanent à Jérusalem-Est.
- Les déportés pourraient être envoyés dans la bande de Gaza, selon des informations du journal israélien Walla.
Cette mesure intervient alors que Benjamin Netanyahou s’apprête à rencontrer Donald Trump aux États-Unis pour discuter de la lutte contre l’Iran. Dans une déclaration, le Premier ministre a justifié son action en affirmant que le décret vise à retirer la citoyenneté à deux « terroristes » responsables d’attaques contre des civils israéliens « à l’arme blanche et par balles ».
Parmi les premiers concernés par cette législation figure Mahmoud Ahmed, libéré en 2024 après avoir purgé une peine de 23 ans de prison pour des fusillades contre des soldats et des civils israéliens. L’autre individu concerné est Muhammad Ahmad Hussein al-Halasi, condamné à 18 ans de prison pour avoir poignardé deux femmes à Jérusalem en 2016 et qui devrait être expulsé après avoir terminé sa peine.
Netanyahou a prévenu que « de nombreux autres cas » similaires sont en cours d’examen. Ofir Katz, un des principaux promoteurs de la loi, a confirmé cette information, indiquant que des procédures d’expulsion sont en cours pour des centaines de citoyens.
La loi en question, une modification de la loi israélienne sur la citoyenneté de 1952, a été approuvée par 94 députés sur 120. Elle s’applique aux personnes reconnues coupables d’actes de violence, condamnées à des peines de prison et ayant perçu des allocations de l’Autorité nationale palestinienne (ANP). Le gouvernement israélien considère ces allocations comme une forme de « récompense » pour des actes terroristes, selon les termes utilisés par Netanyahou.
L’ANP fournit une aide financière aux prisonniers détenus dans les prisons israéliennes, ainsi qu’à leurs familles et aux proches des agresseurs décédés. La Cisjordanie, l’un des territoires palestiniens occupés par Israël avec la bande de Gaza et Jérusalem-Est, affiche l’un des taux d’incarcération les plus élevés au monde.
Cette mesure est le fruit des pressions exercées par la droite radicale, qui a permis la formation du gouvernement actuel en 2022. Dès son adoption en février 2023, l’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah a dénoncé une atteinte supplémentaire au statut précaire des Palestiniens et une mesure « exclusivement dirigée contre eux », établissant ainsi « deux systèmes juridiques différents basés sur la suprématie juive ». On estime qu’un cinquième de la population israélienne (environ 10 millions d’habitants) est d’origine arabe.
Outre la bande de Gaza, la Cisjordanie contrôlée par l’ANP figure parmi les destinations possibles pour les personnes expulsées. Cependant, le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de mesures renforçant la juridiction israélienne sur cette zone et accélérant son annexion de facto.