Nottingham Forest, dos au mur après l’échec de l’ère Postecoglou, a nommé Sean Dyche pour redresser le navire avant le choc européen contre Porto. L’ancien manager de Burnley hérite d’une équipe en quête d’organisation et de solidité, des qualités qui avaient permis à Nuno Espirito Santo de hisser le club à la septième place de Premier League la saison dernière.
La philosophie de jeu plus offensive prônée par Postecoglou avait visiblement déstabilisé la défense, notamment les centraux Murillo et Nikola Milenkovic. Le gardien Matz Sels, co-lauréat du Gant d’Or la saison passée, peine cette saison à réaliser un clean sheet et a commis des erreurs coûteuses, comme face à Chelsea. Seul Elliot Anderson, avec 807 passes réussies en Premier League, a maintenu un niveau de performance constant, mais il reste une exception notable dans un effectif pléthorique.
Sean Dyche devra rapidement cerner la psychologie d’un groupe remanié par un investissement massif de 180 millions d’euros sur 13 nouvelles recrues durant le mercato estival. Pour le match de samedi, 120 millions d’euros de talents, dont James McAtee, Dilane Bakwa, Arnaud Kalimuendo et le record d’achat Omari Hutchinson, étaient absents du groupe. Seuls deux transfuges estivaux, Douglas Luiz et Oleksandr Zinchenko, ont débuté la rencontre.
Des sources internes évoquent un effectif trop large et manquant de diversité dans les profils. L’unité qui avait fait la force de l’équipe sous Nuno Espirito Santo a été ébranlée par son départ. Sean Dyche aura pour mission de rétablir cette cohésion.
« C’est l’un des hommes les plus charismatiques, il entre dans une pièce et capte immédiatement l’attention », confie Paul Robinson, ancien gardien anglais qui a côtoyé Dyche pendant 18 mois à Burnley. « J’ai toujours bien réagi aux managers humains, ceux dont la porte était toujours ouverte et qui disaient la vérité, qu’elle plaise ou non, et c’est l’une des grandes qualités de Sean. »
« C’est un meneur d’hommes, il obtient le respect du vestiaire instantanément. On a parfois critiqué sa façon de jouer, mais il obtient des résultats, et ce qui m’a particulièrement marqué, c’est sa capacité à tirer le meilleur des joueurs qui ne sont pas forcément au plus haut niveau. »
« Des joueurs comme Morgan Gibbs-White, Elliot Anderson, Neco Williams, Callum Hudson-Odoi, dans cet effectif de Nottingham Forest, adoreront jouer sous Sean Dyche. Ce sera un entraîneur avec qui ils vont s’épanouir. »
Malgré des ambitions européennes affichées en début de saison et l’arrivée de Postecoglou pour conquérir des trophées, Nottingham Forest doit désormais se réinventer. Sean Dyche, qui avait mené Burnley à la septième place en 2017-2018, qualifiant le club pour une compétition européenne pour la première fois en plus de 50 ans, aura la tâche d’atteindre ces objectifs. Cependant, ses passages plus mitigés à Everton (17ème et 15ème places) soulèvent des interrogations quant à sa capacité à remporter une Ligue Europa avec Forest.
« Je pense qu’ils peuvent encore y arriver, l’effectif est toujours là », estime Robinson. « Il s’agit de changer la mentalité. Une série de défaites est difficile à inverser, mais si quelqu’un peut le faire, c’est bien lui. Il ne veut pas être catalogué comme Sam Allardyce, un pompier de service pour maintenir les équipes en Premier League. Il a maintenant une opportunité de construire. Il dispose d’un excellent groupe de joueurs. Certes, les contraintes financières sont là, mais quand on regarde l’effectif, il n’y a pas tant de travail que ça à faire cette saison. C’est une parfaite adéquation pour lui. C’est presque le poste qu’il attendait. »