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« Nous avons renforcé notre gouvernance »

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Publié le 2025-10-06 12:03:00. Lors de la conférence 4Sustainibilité 2025, Rossella Ravagli, directrice du développement durable du groupe Armani, a abordé la question cruciale de la gestion des risques au sein de la chaîne d’approvisionnement textile, suite à des incidents récents. L’objectif est de construire un système robuste pour minimiser, voire anticiper, ces risques.

  • La gestion des risques dans la mode est un processus long et systémique, visant à atteindre un risque « zéro » conceptuel plutôt que réel.
  • L’exploitation des travailleurs, un incident ayant touché le groupe Armani en avril 2024, a souligné la nécessité de contrôles rigoureux et de partenariats transparents.
  • Des audits inopinés et une cartographie précise de la chaîne d’approvisionnement, même en Italie, sont devenus indispensables pour garantir la conformité.

La conférence 4Sustainibilité 2025, organisée par la société de conseil YMPACT et tenue au siège d’Eurojersey à Caronno Petusella, a réuni des acteurs du secteur textile et de l’habillement pour discuter des impératifs actuels en matière de conformité et anticiper les défis futurs. Au cœur des débats, la question de la traçabilité et de la responsabilité dans une industrie confrontée à des pressions croissantes du marché et des réglementations.

Rossella Ravagli, directrice du développement durable du groupe Armani, a partagé l’expérience de sa maison face à un scandale d’exploitation de travailleurs survenu en avril 2024, impliquant un sous-traitant de sacs et d’accessoires. Suite à cette affaire, la justice milanaise avait placé une partie des opérations du groupe sous administration judiciaire. Après onze mois, cette mesure a été levée en février 2025, le tribunal reconnaissant la « démarche vertueuse » entreprise par l’entreprise pour se conformer aux exigences imposées.

« Un processus ne se construit pas en une nuit et doit être systémique pour garantir un risque nul. »

Rossella Ravagli, Directrice du développement durable, groupe Armani

Mme Ravagli a insisté sur le fait qu’il n’existe pas de risque zéro absolu, tout comme il n’y a pas d’impact nul sur le climat. L’enjeu réside plutôt dans la mise en place d’un système permettant de minimiser ces risques, de les identifier en amont et de les corriger. Cet engagement doit être à la fois interne à l’entreprise et systémique, s’étendant à l’ensemble de la chaîne de valeur.

Pour le groupe Armani, la responsabilité englobe l’impact généré dans tous les départements, bien au-delà des propres installations. Cela implique une vigilance constante sur les fournisseurs de niveau 1 et niveau 2. L’entreprise a d’ailleurs mis en place des clauses contractuelles visant à limiter la sous-traitance au-delà du deuxième niveau, arguant que plus la chaîne est longue, plus le risque de mauvaises pratiques augmente. L’expérience a montré que, malgré les accords écrits, des sous-traitants non autorisés peuvent être impliqués, d’où la nécessité de contrôles surprenants.

« Des audits inopinés nous ont permis dans de nombreuses situations de découvrir des fournisseurs ou des sous-traitants qui n’avaient pas réellement les bonnes accréditations. Par conséquent, l’audit inopiné est quelque chose qui est indispensable et doit être inclus dans les clauses contractuelles. »

Rossella Ravagli, Directrice du développement durable, groupe Armani

Au fil des ans, Armani, à l’instar de nombreux acteurs du secteur, a adopté un code de conduite interdisant le travail des enfants, le travail forcé, la discrimination, et garantissant la liberté syndicale, une rémunération adéquate et le respect des droits des travailleurs immigrés. Le défi, selon Mme Ravagli, ne s’arrête pas à la définition de ces exigences, mais réside dans leur application effective à l’échelle mondiale, y compris en Italie.

Elle a révélé que même en Italie, un pays souvent perçu comme un modèle, des non-conformités ont été découvertes grâce à des outils de vérification spécifiques. Ces contrôles, même sur de petites entreprises artisanales, ont mis en lumière la nécessité d’une surveillance accrue. La récente crise a ainsi contraint le groupe à renforcer sa gouvernance, ses contrôles sur les analyses financières et à approfondir l’étude de sa chaîne d’approvisionnement.

Pour se prémunir et protéger sa chaîne d’approvisionnement, le groupe Armani a également procédé à une rationalisation de sa base de fournisseurs. Cet effort continu d’amélioration, qui nécessite des outils adaptés comme ceux proposés par YMPACT, permet une circulation rapide de l’information entre les différents départements concernés : production, finance, juridique, développement durable et conformité. Cette fluidité a permis de consolider les dispositifs existants et de poursuivre une démarche d’amélioration continue, dans l’esprit de cohésion insufflé par M. Armani.

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