Publié le 16 février 2024 16:42:00. Le secrétaire d’État néerlandais, Dijkstra Tuinman, a suggéré une approche audacieuse pour l’Europe : prendre le contrôle du logiciel des chasseurs F-35 en le « piratant » comme un iPhone, une proposition qui soulève des questions sur la souveraineté technologique et la dépendance vis-à-vis des États-Unis.
- Le secrétaire d’État néerlandais suggère de modifier le logiciel des F-35 pour les adapter aux missiles européens.
- Cette proposition intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et certains de leurs alliés concernant l’accès aux technologies militaires.
- Des experts remettent en question la faisabilité de telles modifications, tandis que des inquiétudes persistent quant à l’existence d’une « porte dérobée » américaine dans les appareils.
Dans un podcast diffusé récemment, Dijkstra Tuinman a exprimé sa frustration face aux difficultés rencontrées pour adapter les chasseurs F-35 aux armements européens, tels que les missiles Meteor, Storm Shadow ou Scalp. Il a initialement souligné la complexité et le temps nécessaire pour effectuer ces modifications. Cependant, il a rapidement ajouté une proposition surprenante : l’Europe pourrait prendre les choses en main et modifier elle-même le logiciel de ces appareils.
« Nous pouvons le faire nous-mêmes. Est-ce possible ? Si nous allons de l’avant avec les Norvégiens et les Polonais, nous verrons si les Américains montrent leurs cartes »,
Dijkstra Tuinman, secrétaire d’État néerlandais
Allant encore plus loin, M. Tuinman a osé une comparaison audacieuse : « On peut éventuellement pirater un F-35 comme un iPhone ». Cette déclaration, qu’il reconnaît lui-même être inhabituelle, souligne le désir de l’Europe de gagner en autonomie technologique et de ne plus dépendre entièrement des États-Unis pour la maintenance et l’adaptation de ses équipements militaires.
Cependant, cette idée ne fait pas l’unanimité. Un expert du programme F-35, dont le nom n’a pas été divulgué, a souligné dans un entretien au journal néerlandais De Telegraaf que de telles modifications sont interdites par les accords conclus par les participants au programme. Seul Israël a obtenu une dérogation spécifique.
Néanmoins, selon le site spécialisé The War Zone, il est techniquement possible de modifier le logiciel des F-35. La véritable difficulté réside dans la capacité à développer les systèmes de planification de mission et autres fonctionnalités essentielles qui découlent de ces modifications.
Les inquiétudes sont d’autant plus vives qu’il circule des rumeurs concernant l’existence d’une « porte dérobée » ou d’un « interrupteur d’arrêt » (killswitch) intégré aux F-35, permettant aux États-Unis de neutraliser les appareils à distance. Ces informations, bien que non confirmées, alimentent les craintes d’une dépendance excessive et d’un manque de souveraineté.
Cette situation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et certains de leurs alliés, notamment en Europe. Certains pays commencent à remettre en question l’opportunité d’acquérir des F-35 et envisagent des alternatives européennes, telles que les avions de combat Gripen (Suède) ou Rafale (France).
La République tchèque, quant à elle, a confirmé son intention d’acquérir 24 F-35 auprès de Lockheed Martin d’ici 2034, pour un coût total estimé à 150 milliards de couronnes (environ 5,8 milliards d’euros). Un ancien chef de l’aviation canadienne a récemment mis en garde contre les risques liés à cet achat.