Publié le 2025-10-09 15:36:00. De nouvelles recherches révèlent que des variations dans la composition chimique de l’atmosphère solaire pourraient être la cause de la formation de « pluie solaire », un phénomène jusqu’alors mal compris. Cette découverte, menée par des astronomes de l’Université d’Hawaï, offre une explication plausible à la rapidité avec laquelle ce phénomène se produit.
- La composition élémentaire de l’atmosphère solaire n’est pas fixe et influence la vitesse de refroidissement du plasma.
- Des variations de concentration en fer, silicium et magnésium entraînent une augmentation du rayonnement local, une baisse de température et la condensation du plasma en pluie.
- Les modèles solaires devront être revus pour intégrer cette dynamique élémentaire et mieux comprendre le chauffage coronal.
Jusqu’à présent, les modèles solaires partaient du principe que la répartition des éléments dans la couronne solaire était stable dans le temps et dans l’espace. Or, une nouvelle étude, menée par le doctorant Luc Benavitz et l’astronome Jeffrey Reep de l’Institut d’astronomie de l’Université d’Hawaï, vient contredire cette hypothèse. Leurs travaux, publiés dans The Astrophysical Journal, suggèrent que les fluctuations de certains éléments comme le fer, le silicium et le magnésium jouent un rôle clé dans le refroidissement rapide du plasma solaire, conduisant à la formation de « pluie solaire ».
« Aujourd’hui, les modèles supposent que la répartition des différents éléments dans la couronne est constante dans le temps et dans l’espace, ce qui n’est manifestement pas le cas », a expliqué Luc Benavitz dans un communiqué de presse de l’université. La présence accrue de ces éléments dans une zone donnée entraîne une augmentation du rayonnement, ce qui refroidit le plasma. Ce plasma refroidi se condense ensuite, formant une pluie. « Il est passionnant de constater que lorsque l’on laisse les éléments comme le fer varier au fil du temps, les modèles correspondent enfin à ce que nous observons réellement sur le Soleil. Cela rend la physique vivante d’une manière qui semble réelle », ajoute le doctorant.

Cette percée scientifique explique pourquoi la « pluie solaire » peut se former en quelques minutes, là où l’on pensait auparavant que cela prenait des heures, voire des jours. « Cette découverte nous aide à comprendre comment le Soleil fonctionne réellement », souligne Jeffrey Reep. Il ajoute cependant : « Si nos modèles n’ont pas correctement traité les niveaux d’éléments, le temps de refroidissement a probablement été surestimé. Nous devrons peut-être retourner à la planche à dessin en ce qui concerne le chauffage coronal, il y a donc beaucoup de travail nouveau et passionnant à faire. »
Les chercheurs prévoient désormais de comparer les simulations avec des observations directes lors d’éruptions solaires afin de valider leurs conclusions. Cette avancée pourrait également améliorer notre compréhension de la météorologie spatiale, c’est-à-dire l’influence du Soleil sur l’environnement spatial autour de la Terre.
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