Publié le 2024-10-22 13:59:00. La 17ème édition du Festival du Film des Peuples Autochtones se tient à Cordoue jusqu’au 30 octobre, offrant une exploration cinématographique et militante des réalités vécues par ces communautés en Amérique latine.
- Le festival met en lumière les luttes contemporaines des peuples autochtones pour leur survie et l’affirmation de leur droit à un avenir digne.
- Plusieurs projections abordent la défense des territoires ancestraux, particulièrement menacés par les industries extractives et les impacts du changement climatique.
- L’importance des femmes dans ces combats, notamment pour l’accès à l’eau, ainsi que la transmission des savoirs traditionnels et la résilience culturelle, sont également des thèmes centraux.
Organisé par plusieurs chaires et groupes de l’Université de Cordoue (UCO), dont la Chaire Interculturelle et la Chaire de Développement Durable et Solidaire, en partenariat avec le Centre d’Initiatives de Coopération CIC-Batá et le groupe Almáciga, cet événement bénéficie du soutien de la Coordinatrice Latino-Américaine du Cinéma et de la Communication des Peuples Autochtones (CLACPI), ainsi que des délégations de Coopération et Solidarité et de Culture et Patrimoine Historique de la Mairie de Cordoue.
Les projections, réparties dans diverses facultés de l’UCO jusqu’au 30 octobre, visent à sensibiliser la communauté universitaire et le grand public aux enjeux cruciaux auxquels sont confrontés les peuples indigènes. Lors de l’inauguration, Sara Pinzi, vice-rectrice à l’Égalité, l’Inclusion et l’Engagement Social de l’UCO, a souligné l’importance de ces collaborations pour ouvrir l’université sur la société et apprendre de ses acteurs.
« Le cinéma qui nous réunit aujourd’hui n’est pas seulement de l’art : il est mémoire, résistance et affirmation identitaire. Il nous rappelle que le territoire ancestral n’est pas seulement un lieu, mais une source de vie, de spiritualité et de communauté. Le spectacle nous inspire à continuer à construire un monde plus juste, plus diversifié et véritablement interculturel. »
M. Isabel Amor Almedina, Directrice de la Chaire Interculturelle de l’UCO
« L’Exposition est un espace qui, année après année, nous invite à regarder le monde à partir d’autres voix, d’autres territoires, à partir des luttes, des connaissances et des espoirs des peuples indigènes d’Amérique Latine et qui est déjà devenue une activité clé de l’année académique de l’Université de Cordoue. »
David Ariza, Chaire de Développement Durable et Solidarité de l’UCO
Les violations des droits territoriaux constituent une menace majeure pour la survie de nombreux peuples autochtones en Amérique latine, où leurs territoires ancestraux, essentiels à leur vie et à leur identité, sont disputés par des intérêts extractifs, agro-industriels ou liés à l’exploitation des ressources naturelles. Des films comme « Histoires d’une guerre » (Brésil) ou « Yarkáy : les voix oubliées de l’Amazonie » (Équateur) témoignent des mobilisations pour la « Terre Mère » et des conséquences dévastatrices de l’accaparement des terres et de la pollution.
Les effets du changement climatique et des modèles économiques non durables affectent particulièrement les populations autochtones. La pénurie et la pollution de l’eau sont des préoccupations majeures, abordées dans des œuvres telles que « Jichi : à la recherche du gardien des eaux » (peuple Chiquitano, Bolivie) et « Famille : Souvenirs et visions, Filme Film » (Équateur), qui souligne également l’importance de l’autonomie des communautés pour la gestion de leurs ressources.
La résistance territoriale des femmes autochtones est mise en avant, notamment dans leur lutte pour l’accès à l’eau. « Ch’ajool’ ya’ » (Gardiens du Lac) présente ainsi les femmes Tz’utujil défendant le lac Atitlán au Guatemala.
La médecine traditionnelle indigène, intrinsèquement liée au territoire, est également célébrée comme une forme de défense de la Terre Mère. « Les soignants de la vie » explore la sagesse de plusieurs peuples colombiens, tandis que « Les défenseurs guérissent dans la communauté » (peuple Zapotèque, Mexique) et « Ventre de lune » (femmes Tsotsiles du Chiapas, Mexique) révèlent le rôle crucial, et souvent méconnu, des femmes dans ces pratiques ancestrales.
Les défis liés à l’enfance et aux avenirs incertains des jeunes autochtones sont également au cœur de plusieurs projections. Des films comme « Ou » (peuple Quechua, Pérou), « Marahoro » (peuple Rapa Nui, Chili) et « C’est vrai » (territoire Shipibo-Konibo, Pérou) expriment cette préoccupation, mêlant enjeux de transmission culturelle, de monde spirituel et de pollution environnementale.
Les stratégies mises en œuvre par les peuples autochtones pour garantir leur avenir et leur bien-être sont diverses et créatives, faisant appel à l’art et à l’audiovisuel pour préserver, recréer et innover leurs cultures. Le cinéma indigène, en combinant tradition et outils contemporains, devient un vecteur essentiel pour la défense de leurs droits.
La CLACPI, dont le 40ème anniversaire est célébré cette année, joue un rôle déterminant dans le soutien à cette créativité et la diffusion du cinéma autochtone. « Nous voulons les féliciter, célébrer avec eux et continuer à soutenir leur important travail », a ajouté María Isabel Amor Almedina.
La cérémonie d’ouverture a notamment vu la participation de Natividad Adamuz Povedano, doyenne de la Faculté, ainsi que de représentants des institutions partenaires.
Le programme complet du festival est disponible sur le site de l’événement : Consulter le programme complet.