L’oligarque russe en exil Mikhaïl Khodorkovski a suggéré que Vladimir Poutine pourrait être prêt à un accord sur l’Ukraine, potentiellement avec Donald Trump, impliquant une cession de territoires. Dans une interview accordée à « Sunday Morning with Trevor Phillips », M. Khodorkovski a interprété un « signal » envoyé par le président russe.
« J’ai le sentiment que Poutine a envoyé un signal qu’il est prêt à conclure un accord », a déclaré l’ancien PDG du géant pétrolier Ioukos. Selon lui, cet accord pourrait avoir pour objectif de s’emparer de la totalité du Donbass, y compris des zones non encore occupées, dans le but de déstabiliser le reste de l’Ukraine. M. Khodorkovski a également mis en garde contre une mauvaise compréhension des stratégies des dirigeants américains et russes, à l’approche d’une possible rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, évoquée en Hongrie.
« Je commence à avoir des doutes sur la façon dont Poutine fonctionne et sur ce qu’il veut réellement », a-t-il avoué, ajoutant qu’il n’avait « jamais eu la moindre idée » de la manière de comprendre Donald Trump. L’homme d’affaires, qui a passé plus d’une décennie dans les prisons russes avant de s’établir à Londres, a par ailleurs vivement critiqué la capacité diplomatique du Royaume-Uni à réagir face aux manœuvres du Kremlin.
M. Khodorkovski estime que le ministère des Affaires étrangères britannique a perdu une grande partie de son expertise sur la Russie, jadis si précieuse. Ce déclin le laisserait mal préparé pour influencer Moscou ou soutenir efficacement l’opposition russe. « Ce qui manque aujourd’hui à la Grande-Bretagne, ce sont des connaissances spécialisées sur la Russie, qu’elle possédait il y a environ 30 ans », a-t-il déploré.
Il a appelé le gouvernement britannique à dialoguer avec des individus détenant les « connaissances et l’expertise nécessaires », se décrivant comme des « alliés naturels ». Il a par conséquent exhorté la ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, à renforcer le rôle du Royaume-Uni, non seulement par un soutien continu à l’Ukraine, mais aussi en s’engageant activement auprès des dissidents russes, considérés comme un levier stratégique contre Vladimir Poutine.
Interrogé sur la longévité potentielle de Vladimir Poutine au pouvoir et le rôle de l’opposition russe, Mikhaïl Khodorkovski a avancé l’idée que la pression psychologique sur le président russe et la création de problèmes à résoudre pouvaient être une stratégie efficace. « La consolidation de l’opposition est l’un de ces problèmes », a-t-il souligné, arguant que « le point central de ce conflit, c’est Poutine lui-même ».
Mikhaïl Khodorkovski a rappelé les risques personnels qu’il encourait s’il retournait en Russie, y compris une peine de prison à vie et des menaces physiques à l’étranger, suite à de récentes plaintes déposées par le Kremlin. Malgré ces dangers, sa priorité reste la fin du conflit en Ukraine. « Arrêter cette guerre… serait bien plus important que d’attendre encore quelques années que Poutine quitte la scène », a-t-il conclu.