Publié le 2025-10-06 17:40:00. La collaboration ambitieuse entre Sam Altman, PDG d’OpenAI, et Jony Ive, ancien designer en chef d’Apple, pour créer un appareil révolutionnaire hors du smartphone, rencontre d’importants obstacles techniques et conceptuels.
- Le projet, porté par la nouvelle entreprise nommée IO, vise à lancer un appareil compact, sans écran, exploitant l’intelligence artificielle pour interagir avec son environnement.
- Des défis majeurs persistent concernant la puissance de calcul nécessaire, la gestion de l’écoute constante et la fiabilité de l’interface utilisateur.
- Le contexte du marché des gadgets IA est déjà marqué par les difficultés rencontrées par des acteurs comme Humane et Rabbit.
L’objectif affiché par Sam Altman et Jony Ive est de dépasser l’ère des écrans pour proposer une « troisième plate-forme » d’interaction avec la technologie. Baptisé « gadget » par certains observateurs, cet appareil promet d’être suffisamment petit pour tenir dans la paume de la main, et de pouvoir être posé sur un bureau tout en étant transportable. Il est conçu pour capter des indices audio et visuels de son environnement physique afin de répondre aux requêtes des utilisateurs. Une ambition de taille, mais dont la réalisation s’avère plus ardue que prévue.
Selon un rapport du Financial Times, des difficultés critiques pourraient retarder le lancement. Ces obstacles concernent notamment la capacité de l’appareil à « écouter » efficacement et à disposer de la puissance de calcul nécessaire pour son fonctionnement. Une source anonyme, familière des développements au sein d’IO, souligne la comparaison avec des concurrents comme Amazon et Google : « Amazon dispose de la puissance de calcul pour un Alexa, il en va de même pour Google [pour son appareil Home], mais OpenAI peine à obtenir suffisamment de calcul pour ChatGPT, sans parler d’un appareil IA ; ils doivent d’abord résoudre ce problème ». La question de la « personnalité » de l’appareil, c’est-à-dire sa capacité à réagir de manière pertinente et au bon moment, pose également un défi majeur.
L’appareil est équipé d’une caméra et de microphones, et serait conçu pour être en écoute permanente. Sa portabilité soulève immédiatement des questions de confidentialité considérables, d’autant plus que OpenAI gère déjà de grandes quantités de données utilisateurs. Le défi de conception réside dans la programmation de l’appareil pour qu’il réagisse uniquement aux sollicitations désirées, un problème qui semble même affecter des assistants vocaux plus établis comme ceux de Google Home.
La situation du marché des gadgets IA est déjà précaire. Humane, la société derrière l’AI Pin, un produit coûteux et dont les promesses n’ont pas été tenues, a été récemment rachetée par HP. Rabbit, un autre acteur du secteur, connaît également des difficultés avec son appareil Rabbit R2, malgré des tentatives d’amélioration de son interface utilisateur. La question de savoir si ces appareils répondent à un besoin réel des consommateurs reste ouverte.
Alors que des investissements conséquents en ingénierie et en recherche et développement sont nécessaires, ils ne suffiront pas à créer un marché pour des produits dont le public n’a pas forcément l’utilité. Sam Altman et Jony Ive pourraient ainsi être confrontés à une coûteuse leçon sur la dynamique de l’innovation dans la Silicon Valley.