Les États-Unis renforcent considérablement leur présence militaire au Moyen-Orient, tandis que les négociations avec l’Iran concernant son programme nucléaire patinent. Une action militaire américaine contre l’Iran pourrait intervenir dans les dix prochains jours, selon des responsables.
L’armée américaine déploie actuellement une force sans précédent dans la région, comparable à celle observée avant l’invasion de l’Irak en 2003. Deux porte-avions, dont le Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions au monde, sont accompagnés de neuf destroyers et de trois frégates légères. Des dizaines d’avions de combat et de surveillance, notamment des F-22 et des F-16, ont également été déployés.
Des pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran se sont tenus cette semaine à Genève, en Suisse, avec la participation de Steve Witkoff, envoyé spécial américain, et de Jared Kushner, gendre du président Trump. L’objectif était de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien et d’obtenir un allègement des sanctions américaines. L’Iran a proposé un moratoire de trois ans sur l’enrichissement d’uranium, mais pas le renoncement total à cette pratique exigé par Washington.
Mardi, les deux parties ont déclaré s’être mises d’accord sur des « principes directeurs » pour les négociations, et l’Iran devait présenter une réponse aux demandes américaines d’ici la fin du mois. Cependant, certains responsables américains ont minimisé ces progrès, estimant que les chances de guerre s’élevaient à 90 %. Le président Trump n’a pas encore pris de décision définitive quant à une éventuelle action militaire, mais a laissé entendre qu’il se déciderait rapidement.
En juin dernier, les États-Unis avaient déjà ordonné des frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens. Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a averti que tout porte-avions américain dans le Golfe pourrait être coulé en cas d’attaque. L’Iran a également mené des exercices navals conjoints avec la Russie cette semaine.
Les analystes suggèrent que la puissance de feu américaine actuelle est suffisante pour un engagement de plusieurs semaines, et non pas une opération limitée de quelques jours. Les options envisagées par l’administration Trump incluent une campagne visant à éliminer des dirigeants politiques et militaires iraniens, ou une attaque aérienne ciblant les installations nucléaires et de missiles balistiques.
Les États-Unis pourraient également envisager une action militaire sans autorisation du Congrès, arguant que la situation ne constitue pas une « guerre » au sens constitutionnel du terme. Cependant, cette interprétation est contestée par de nombreux juristes.
La confiance des deux camps dans leur capacité à l’emporter pourrait conduire à une escalade dangereuse. L’Iran reconstitue sa dissuasion balistique et pourrait riposter en attaquant les bases américaines, Israël et les alliés des États-Unis dans le Golfe.