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:: OSEL.CZ :: – Un autre mystère entourant l’origine de la vie terrestre résolu

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Publié le 16 février 2026 12:58:00. L’ARN, souvent éclipsé par l’ADN, pourrait être la molécule clé à l’origine de la vie sur Terre. Des recherches récentes révèlent qu’un ARN capable de s’auto-répliquer a été découvert, renforçant la théorie d’un « monde de l’ARN » précoce.

  • Des scientifiques ont identifié un ARN capable de créer des copies de lui-même, un pas crucial pour comprendre l’émergence de la vie.
  • Cette découverte soutient l’hypothèse selon laquelle l’ARN, et non l’ADN, était la principale molécule génétique à l’aube de la vie.
  • Les expériences menées dans des conditions simulant la « soupe primordiale » montrent que l’ARN peut à la fois catalyser des réactions et se reproduire.

Contrairement à l’idée que le mot précède tout, comme le suggère la Bible, de nombreux biochimistes pensent que l’histoire de la vie commence avec une simple hélice d’acide ribonucléique (ARN). Aujourd’hui, cette molécule reste souvent dans l’ombre de l’ADN à double hélice, plus célèbre. L’ARN attire l’attention du public, notamment avec le développement de vaccins contre la Covid-19. Cependant, aux origines de la vie sur Terre – et peut-être ailleurs dans l’univers – l’ARN semble avoir joué un rôle fondamental.

L’histoire de l’ARN commence avec le travail de Johannes Friedrich Miescher, un médecin suisse. Sa surdité l’a conduit à s’orienter vers la physiologie et la chimie. En 1869, il isola pour la première fois une substance qu’il nomma « nucléine », un mélange d’ARN et d’ADN qu’il considérait alors comme un simple réservoir de phosphate. Plus tard, Phoebus Levene détermina la structure chimique des acides nucléiques, identifiant le squelette sucre-phosphate et les différences entre l’ADN (qu’il appelait « thym ») et l’ARN (qu’il désignait comme « levure »).

L’ARN se distingue de l’ADN par sa capacité à agir non seulement comme porteur d’informations génétiques, mais aussi comme catalyseur de réactions biochimiques, grâce à sa structure tridimensionnelle. Ces molécules d’ARN catalytiques, appelées ribozymes, ont été découvertes dans les années 1980 par Thomas Robert Cech et Sidney Altman, qui ont reçu le prix Nobel en 1989 pour cette avancée. Cette découverte a remis en question l’idée que seules les enzymes protéiques pouvaient catalyser les réactions biologiques et a renforcé la théorie du « monde de l’ARN ».

Pour que l’ARN puisse véritablement fonctionner comme la molécule de base des premières formes de vie, il devait être capable de s’auto-répliquer. Jusqu’à récemment, aucune molécule d’ARN capable de le faire n’avait été identifiée. Une équipe dirigée par Philippe Holliger du laboratoire de biologie moléculaire MRC à Cambridge a cependant découvert un ARN capable de créer des copies de lui-même, ou plus précisément, des « doubles miroirs ». En formant un nouveau « double miroir » à partir de ce dernier, une copie parfaite de la molécule d’ARN originale est obtenue.

Les recherches de Holliger et de son équipe ont identifié trois molécules d’ARN, composées d’environ 45 bases, capables de former ces « doubles miroirs » dans des conditions de congélation et de décongélation. Ce processus, bien que lent (72 jours pour former de nouvelles chaînes d’ARN à basse température), suggère que l’ARN pourrait avoir joué un rôle central dans l’émergence de la vie.

Des études antérieures avaient identifié des molécules d’ARN capables d’assurer une synthèse mutuelle, mais elles étaient trop grandes pour s’être formées spontanément dans la « soupe primordiale ». L’ARN découvert par Holliger, plus petit, a donc plus de chances d’avoir pu se former et persister dans les conditions terrestres primitives.

L’idée d’une « soupe primordiale chaude », avec des réactions biochimiques stimulées par des éclairs, est de plus en plus remplacée par celle d’une « soupe primordiale froide », où des cycles de congélation et de décongélation concentrent les éléments constitutifs de l’ARN. Les scientifiques ont démontré que, dans ces conditions, certaines molécules d’ARN conservent leur structure tridimensionnelle (nécessaire pour catalyser les réactions) tandis que d’autres se déroulent pour se copier.

« En cas de succès, l’ARN pourrait passer de la catégorie d’un initiateur possible de la vie sur Terre à un initiateur probable »

Jack Szostak, Université de Chicago

Source:

Gianni E. et coll. (2026) A small ribozyme polymerase self-replicates and its complement. DOI : 10.1126/science.adt2760

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