La guerre à Gaza a profondément marqué la vie de Noor Abou Mariam, une jeune étudiante de 21 ans. Dans un récent témoignage, elle raconte son exil forcé, la perte de ses repères et la résilience extraordinaire des Palestiniens face à l’adversité. Son histoire, diffusée dans un nouvel épisode, met en lumière la détresse mais aussi l’espoir qui subsistent dans la bande de Gaza.
C’est le matin du 7 octobre que le cauchemar a commencé pour Noor et sa famille. Réveillée par le bruit des roquettes, l’étudiante en administration des affaires, par ailleurs écrivaine et responsable des médias sociaux à la Gaza Great Minds School, a vu sa vie basculer. Les bombardements incessants les ont contraints à fuir leur domicile à plus de quinze reprises. Elle se souvient s’être réfugiée avec les siens dans une bibliothèque pendant quatre jours, échappant de justesse aux explosions et assistant à des scènes d’une horreur indicible.
Le déplacement est devenu son quotidien. Noor narre son évacuation du camp de réfugiés d’Al-Shati sous le feu nourri des tirs, témoignant des ravages laissés par les attaques alors qu’elle cherchait refuge plus au sud. La séparation brutale avec sa famille, survenue lorsque des chars ont investi le quartier d’Algarara, a été un moment de terreur absolue, l’angoisse de ne pas savoir si ses proches avaient survécu la rongeant. Malgré ce chaos, elle a trouvé la force d’écrire, commençant à consigner les récits de ses amis disparus, transformant la douleur en mots pour honorer leur mémoire.
« La guerre m’a changé », confie Noor. Cette expérience l’a rendue plus patiente et réfléchie. Pour surmonter le traumatisme, elle a initié un journal intime. L’espoir de retrouver un jour son foyer à Shati ne l’a jamais quittée. Elle témoigne également de son engagement bénévole à Rafah, où elle a distribué de l’aide aux parents et aux nouveau-nés dans les hôpitaux, soulignant la solidarité indéfectible des Gazaouis même dans les moments les plus sombres. Son parcours incarne à la fois la profonde souffrance et l’incroyable résilience du peuple palestinien assiégé.
Lors de l’entretien, les animateurs ont su créer un espace de confiance, permettant à Noor de partager ouvertement ses pertes, son combat pour la survie et son espoir en l’avenir. Elle exprime son désir de terminer ses études et de poursuivre un cursus supérieur à l’étranger, avec la ferme intention d’utiliser la puissance de l’écriture pour donner une voix à son peuple. Cet épisode, intitulé « Le génocide m’a changé – L’histoire de Noor », est désormais disponible sur les plateformes de podcasts.