Home Divertissement Paradigm Shift review – loud and immersive video art to make your brain fold in on itself | Video art

Paradigm Shift review – loud and immersive video art to make your brain fold in on itself | Video art

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exposition vidéo actuelle de 180 The Strand bouscule les conventions. Dans ce labyrinthe souterrain dédié à l’art numérique, la logique semble avoir pris le large. Si le lieu s’était jusque-là distingué par des expériences immersives marquantes, comme l’a été leur coup d’envoi, The Infinite Mix, en 2016, un jalon que beaucoup ont tenté d’atteindre sans succès, cette fois, le pari semble moins réussi.

Plutôt qu’une curation affûtée, on a l’impression que les responsables ont jeté en vrac une profusion d’œuvres vidéo sur les murs, espérant que quelque chose retienne l’attention. Malheureusement, peu de choses semblent y parvenir durablement.

L’exposition débute pourtant sur une note prometteuse avec trois piliers de l’art vidéo des années 1990 : Fiorucci Made Me Hardcore de Mark Leckey, une ode à la culture rave et à la jeunesse ; Ever Is Over All de Pipilotti Rist, où une femme souriante brise des vitrines avec une fleur, œuvre dont Beyoncé s’est inspirée pour son clip Hold Up en 2016 ; et Dancing in Peckham de Gillian Wearing, une performance solo singulièrement attachante dans un centre commercial.

On pourrait croire à une exploration de cette décennie, marquée par l’accessibilité accrue des caméras et des logiciels de montage, qui a engendré une créativité débridée. Que nenni.

Très vite, le parcours déraille. On plonge dans le délire lo-fi de Ryan Trecartin avec une sitcom indigeste dépeignant les bizarreries du milieu des années 2000. Puis, le créateur de mode Telfar Clemens présente un casting de mannequins effréné et bruyant pour 2025, tandis que la photographe pionnière Nan Goldin compile des images d’archives de Donyale Luna, première supermodel noire. Le cerveau commence alors à vaciller.

De salle en salle, le visiteur déambule dans une perplexité grandissante. Avant même d’atteindre les expérimentations psychédéliques de Dara Birnbaum transformant Wonder Woman en star disco dans les années 1970, ou la vidéo CGI de Josèfa Ntjam peuplant un monde marin évolutif de créatures onduleuses, le flot d’idées et de thèmes contradictoires submerge. On se retrouve à errer, ne sachant plus distinguer une œuvre d’une autre, uniquement animé par un grand « Hein ? » intérieur.

Ce n’est pas tant la qualité intrinsèque des œuvres qui est en cause – certaines sont d’ailleurs excellentes. C’est plutôt l’absence totale de lien logique entre elles, qui rend leur présence commune dans la même exposition incompréhensible.

Certes, quelques fils conducteurs émergent. Cao Fei et Arthur Jafa réinventent avec brio le clip musical comme forme artistique. Jafa et Martine Syms explorent des thématiques poignantes autour de la noirceur. La communauté queer et la mode sont présentes dans les auditions de Telfar et le travail d’Andy Warhol sur la « fashion TV ». Les réseaux sociaux se manifestent dans la vidéo de Trecartin et le film de Meriem Bennani sur des lézards en pandémie. Mais aucun de ces fils n’est tissé pour former une narration cohérente. Et quel est le rapport entre tout cela et les expérimentations Super 8 de Derek Jarman ?

L’ensemble manque cruellement de sens. En tentant de juxtaposer des œuvres vidéo récentes et disparates dans un continuum historique bancal, les curateurs donnent l’impression de naviguer à vue.

Au final, cela importe peu. Car 180 The Strand présente ces œuvres avec une telle exigence de qualité, dans un espace si spectaculaire, que le visiteur est presque emporté par l’expérience. Tout est fort, immersif, percutant. L’œuvre de Syms est sidérante, celle de Jafa dérangeante et hallucinatoire, et les films des années 1990 sont brillants. Si l’exposition avait simplement été intitulée « Quelques œuvres qui nous plaisent », on n’aurait pas passé notre temps à tenter de comprendre ce que les curateurs entendent par « paradigme » et comment ces œuvres le feraient évoluer.

180 Studios, Londres, du 15 octobre au 21 décembre.

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