Publié le 2024-05-15 10:30:00. Une enseignante de musique de l’Idaho exprime sa profonde inquiétude face à une nouvelle loi accordant des bons scolaires privés, craignant qu’elle ne détourne des fonds publics précieux des écoles publiques qui profitent à la grande majorité des élèves.
Cassie Horner, qui enseigne la musique au collège Les Bois depuis 14 ans, a rejoint d’autres membres de l’Idaho Education Association pour contester cette loi devant la Cour suprême de l’Idaho. Ils estiment que cette législation, qualifiée de « crédits d’impôt » par ses partisans, viole la promesse constitutionnelle de l’État de fournir un système éducatif public, gratuit et accessible à tous.
La loi en question, issue du House Bill 93, alloue 50 millions de dollars de fonds publics à des bons destinés aux écoles privées. Selon Horner, cette mesure détourne des ressources essentielles des 95 % d’élèves fréquentant les écoles publiques, créant une inégalité de traitement flagrante.
L’enseignante souligne les différences fondamentales entre les systèmes public et privé. Alors que les écoles publiques accueillent tous les élèves sans exception, les établissements privés peuvent refuser l’admission pour des motifs tels qu’un handicap, la religion, ou simplement parce qu’un élève ne correspond pas à leurs critères. De plus, les écoles privées ne sont pas soumises aux mêmes exigences de certification des enseignants ni aux mêmes normes de responsabilité que les écoles publiques, tout en bénéficiant désormais de fonds publics sans le même niveau de contrôle.
Horner met en avant l’engagement des enseignants du système public, qui investissent leurs propres ressources pour soutenir leurs élèves. Ils fournissent des aides financières, achètent du matériel sur leurs fonds personnels, organisent des activités extrascolaires et s’efforcent de répondre aux besoins diversifiés de chaque enfant, sans jamais pouvoir en refuser un.
Pour l’enseignante, cette loi envoie un message inquiétant : celui que les enfants inscrits dans le système public ont moins d’importance. Elle défend l’idée que les écoles publiques sont bien plus que de simples lieux d’apprentissage académique ; elles sont des creusets communautaires où des enfants d’horizons variés apprennent ensemble, développant ainsi des compétences sociales essentielles comme l’empathie, la coopération et la résilience, des valeurs qu’un système privé ne peut, selon elle, reproduire.
En conclusion, Horner lance un appel à ne pas trahir la promesse historique de l’Idaho de financer un avenir solide pour ses enfants par le biais de l’éducation publique. Elle insiste sur la nécessité de renforcer le système existant, le seul garanti par la Constitution de l’État, plutôt que de le fragmenter au profit d’un système privé non réglementé.