Publié le 26 février 2026 08:03:00. La Chine a officiellement décliné l’invitation de rejoindre le Conseil de la paix pour Gaza, une initiative américaine visant à gérer l’après-conflit, invoquant des préoccupations concernant son impact sur le rôle des Nations unies et la souveraineté palestinienne.
- Pékin critique la tentative de créer un mécanisme alternatif aux institutions onusiennes, estimant que cela pourrait marginaliser le Conseil de sécurité.
- La Chine s’inquiète du manque de représentation palestinienne au sein de ce conseil et de la possibilité d’une ingérence américaine dans l’administration de Gaza.
- Elle réaffirme son soutien à une solution à deux États et à la gouvernance palestinienne de Gaza.
Fin janvier 2026, la Chine a annoncé son refus de participer au « Conseil international de la paix pour l’administration de la bande de Gaza », une entité proposée par l’administration américaine de Donald Trump. Cette initiative, présentée comme une alternative aux mécanismes traditionnels de l’ONU, vise à établir une nouvelle structure de gouvernance pour Gaza après la fin du conflit actuel. La Chine avait reçu une invitation formelle des États-Unis pour rejoindre ce conseil, mais a choisi de ne pas y donner suite.
La décision chinoise repose sur plusieurs arguments stratégiques et juridiques. Pékin considère que le Conseil de la paix, parrainé par Washington, risque de saper l’autorité des Nations unies et de son Conseil de sécurité. La Chine réaffirme son engagement en faveur d’un système international centré sur l’ONU et fondé sur le droit international. Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, tout cadre alternatif à ce système est inacceptable.
La Chine a également exprimé des réserves quant à la composition du Conseil de la paix, soulignant l’absence de représentation palestinienne. Elle estime que tout arrangement concernant l’avenir de Gaza doit être basé sur le principe de « Palestiniens gouvernant la Palestine ». De plus, Pékin craint que ce conseil ne serve de prétexte à une intervention américaine plus large dans la région, voire à l’établissement de bases militaires sous couvert de reconstruction.
Les exigences financières d’adhésion au Conseil de la paix ont également pesé dans la décision chinoise. Le conseil demande des contributions financières substantielles, allant jusqu’à 1 milliard de dollars (environ 927 millions d’euros) pour un membre permanent, ce que la Chine juge inacceptable. Elle estime que cela transformerait la recherche de la paix en une question de puissance financière plutôt qu’en une question de droits légitimes pour les Palestiniens.
Par ailleurs, la Chine a souligné le manque de clarté concernant la structure et les objectifs du Conseil de la paix. Son représentant permanent auprès des Nations unies, Fu Cong, a critiqué le manque de détails essentiels dans la résolution créant le conseil (Résolution 2803), notamment en ce qui concerne sa composition, ses termes de référence et la nature de la « force internationale de stabilisation » proposée à Gaza.
En alternative à l’adhésion au Conseil de la paix, la Chine appelle à la mise en œuvre de la solution à deux États comme seul moyen de garantir une paix durable au Moyen-Orient. Elle soutient également l’Initiative de gouvernance mondiale défendue par le président chinois Xi Jinping et appelle à une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU pour le rendre plus réactif aux attentes de la communauté internationale. La Chine propose une conférence de paix internationale plus inclusive, sous les auspices de l’ONU, pour mettre en œuvre concrètement la solution à deux États dans un délai défini.
La Chine privilégie les routes terrestres pour l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, rejetant les alternatives maritimes ou les « quais temporaires » proposés par les États-Unis, qu’elle considère comme des tentatives de contourner les obligations internationales. Elle insiste sur le respect des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et sur le principe d’autonomie gouvernementale dans la bande de Gaza, rejetant toute forme de tutelle ou de contrôle externe.
En conclusion, la Chine se positionne comme une « force stabilisatrice positive » dans le conflit israélo-palestinien, privilégiant le dialogue global et le respect du droit international, contrairement à ce qu’elle perçoit comme une approche « unilatérale » de la part des États-Unis, susceptible d’aggraver les divisions régionales. Elle réaffirme que le Conseil de la paix, parrainé par Washington, ne doit pas être un substitut à la légitimité internationale, mais un instrument pour la renforcer, tout en préservant la pleine souveraineté palestinienne sur Gaza.