Gun Store Simulator, nouveau titre en accès anticipé sur Steam, propose de gérer l’intégralité d’un commerce d’armes. Pourtant, entre les contraintes de licences et les opportunités de profit, l’expérience peut rapidement transformer une armurerie en une boutique d’accessoires de mode.
Le concept du jeu est simple : bâtir un empire commercial dans le secteur des armes. Cependant, le joueur se heurte rapidement à une réalité paradoxale. Bien que l’établissement s’appelle obligatoirement « Gun Store » — le jeu ne permettant aucun changement de nom —, il est impossible d’y vendre des armes à feu dès le début. Au premier niveau de distributeur, les seules licences disponibles concernent les battes de baseball, les poings américains et les couteaux.
L’aspect robotique des clients facilite cette transition. Ces derniers entrent dans la boutique, se dirigent vers les rayons et achètent des articles non létaux sans jamais exprimer la moindre frustration face à l’absence de fusils ou de pistolets.
La progression financière repose sur une gestion rigoureuse des stocks et des prix. Si les poings américains permettent de lancer l’activité et d’embaucher un premier employé, nommé Jackson, ce sont les couteaux qui offrent les marges les plus importantes. Alors qu’un couteau coûte 58 $ à l’achat, le jeu permet d’augmenter drastiquement le prix de vente, atteignant parfois 115 $ sans que les clients n’hésitent à payer.
L’expérience est ponctuée de détails absurdes, comme l’accumulation de caisses en bois vides qui s’entassent sur le sol du magasin, à moins d’être manuellement jetées dans une benne extérieure.
L’ambition du joueur peut toutefois mener à des erreurs de gestion coûteuses. L’investissement de 10 000 $ dans l’installation d’un stand de tir s’avère inutile si aucune arme à feu n’est commercialisée. Le jeu illustre cette impasse par des bulles de dialogue explicites :
« Image d’une arme »
Premier visiteur du stand de tir
Faute de pouvoir proposer des cibles à frapper ou à poignarder, le client reste figé dans sa demande, laissant le propriétaire face à un gouffre financier qui impose parfois de licencier du personnel ou de réduire la taille des rayons.
Le tournant final survient au niveau 5. Si le jeu débloque alors les fusils de chasse et les munitions .308, le profit maximal se trouve ailleurs : dans les accessoires. Les sacs à dos, achetés 115 $, peuvent être revendus à plus de 200 $. À ce stade, l’armurerie peut devenir une boutique de mode camouflage, totalement dépourvue de violence, où les bénéfices surpassent largement le stock d’armes.
Côté gameplay, Gun Store Simulator s’avère être une version très basique et sans fioritures du genre. Bien que la boucle de remplissage de rayons et de vente soit fonctionnelle, le titre devra subir d’importantes améliorations durant sa phase d’accès anticipé pour devenir véritablement recommandable.