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Peut-on vraiment être « accro » aux réseaux sociaux ?

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Publié le 19 février 2024 19:44:00. Un procès historique est en cours à Los Angeles, accusant les géants des réseaux sociaux de créer une dépendance chez les jeunes et d’aggraver des problèmes de santé mentale. L’affaire pourrait ouvrir la voie à une vague de poursuites similaires.

  • Kaley, une jeune femme de 20 ans, témoigne des conséquences dévastatrices d’une utilisation intensive des réseaux sociaux depuis l’enfance.
  • Mark Zuckerberg, PDG de Meta (maison mère de Facebook et Instagram), a commencé à témoigner dans le cadre de ce procès.
  • Des milliers de plaignants, dont plus de 1 200 districts scolaires, sont impliqués dans des litiges similaires contre TikTok, Facebook, Instagram, Snapchat et YouTube.

L’histoire de Kaley, connue uniquement sous ses initiales KGM, illustre les risques potentiels d’une exposition précoce et prolongée aux plateformes numériques. Elle a commencé à utiliser YouTube à l’âge de six ans, Instagram à onze, Snapchat à treize et TikTok à quatorze ans. Son avocat, Joseph VanZandt, affirme que les réseaux sociaux ont « changé le cours de son enfance ». Aujourd’hui, Kaley attribue son anxiété, sa dépression, ses pensées suicidaires et sa dysmorphie corporelle à une dépendance développée sur une décennie.

Le procès, qui a débuté il y a trois semaines à Los Angeles, examine si cette dépendance est due au contenu lui-même ou à la manière dont il est présenté. Les jurés devront déterminer si les mécanismes de conception des plateformes – comme le défilement infini, les notifications instantanées et la lecture automatique des vidéos – ont joué un rôle causal dans le mal-être de Kaley. L’affaire est suivie de près car elle pourrait établir un précédent juridique important.

Les avocats de la plaignante ont comparé la « dépendance aux médias sociaux » à des addictions plus traditionnelles, comme celles liées aux drogues ou aux jeux d’argent. Ce procès est considéré comme un cas de référence dans un contexte de multiplication des plaintes contre les géants du numérique. Plus de 2 000 personnes et entités ont déposé des recours similaires, notamment 1 200 districts scolaires. Certains observateurs comparent cette situation à celle de l’industrie du tabac, accusée par le passé d’avoir dissimulé les dangers de ses produits.

Le témoignage de Mark Zuckerberg, qui a débuté mercredi, est scruté de près. Les conclusions du procès pourraient avoir des conséquences majeures pour l’avenir de la régulation des réseaux sociaux et la responsabilité des entreprises technologiques face aux problèmes de santé mentale des jeunes. Plus d’informations sur le procès sont disponibles ici.

« Les médias sociaux ont changé le cours de son enfance. »

Joseph VanZandt, avocat de Kaley

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