Publié le 2025-11-08 07:15:00. Des astronomes ont mis en évidence une éruption d’une luminosité sans précédent provenant d’un trou noir supermassif, surpassant de loin toute observation antérieure. Cet événement spectaculaire, résultant de la destruction d’une étoile, offre un aperçu unique des dynamiques cosmiques extrêmes.
- Une éruption 10 000 milliards de fois plus brillante que le Soleil a été détectée, émanant d’un trou noir supermassif.
- La puissance de ce phénomène dépasse de 30 fois celle du précédent record, surnommé « Scary Barbie ».
- L’événement, interprété comme une « Perturbation par Forces de Marée » (Tidal Disruption Event – TDE), a vu une étoile de masse considérable être littéralement déchiquetée.
Des chercheurs, menés par Matthew Graham du California Institute of Technology (Caltech), ont documenté cette éruption cosmique, qualifiée de la plus brillante et énergétique jamais observée auprès d’un trou noir supermassif. La découverte, publiée dans la revue *Nature Astronomy*, concerne un noyau galactique actif (AGN) identifié par la référence J224554.84+374326.5, situé à 10 milliards d’années-lumière de la Terre.
Ce phénomène spectaculaire est attribué à une « Perturbation par Forces de Marée » (TDE). Il se produit lorsqu’une étoile s’approche trop près d’un trou noir supermassif. Les forces gravitationnelles colossales de ce dernier déchirent l’étoile en longs filaments, un processus comparé à la « spaghettification ». Les débris stellaires s’échauffent alors de manière extrême en chutant dans le trou noir, libérant d’énormes quantités de rayonnement.
Selon les modélisations de l’équipe, l’étoile impliquée dans cette éruption était d’une taille exceptionnelle, avec une masse estimée à plus de 30 fois celle de notre Soleil. KE Saavik Ford, co-auteur de l’étude et chercheuse à la City University of New York (CUNY), a précisé qu’une énergie équivalente à la conversion totale d’une masse solaire en énergie (selon la célèbre formule E=mc²) a été libérée depuis le début des observations en 2018.
La découverte initiale a été faite en 2018 par la Zwicky Transient Facility (ZTF), un programme automatisé d’observation du ciel basé à l’observatoire Palomar en Californie. Ce système a enregistré un important pic de luminosité sur une période de trois mois. Des observations ultérieures menées avec des instruments plus sophistiqués, tels que ceux de l’observatoire WM Keck à Hawaï, ont permis de confirmer la distance immense et l’énergie phénoménale de l’objet.
Un aspect particulièrement fascinant de cette observation est la dilatation cosmologique du temps. En raison de l’immense distance et de l’expansion de l’univers, l’événement nous apparaît ralenti. Matthew Graham a expliqué ce phénomène :
« Sept ans ici (sur Terre), cela correspond à deux ans là-bas (près du trou noir). Nous observons l’événement à environ un quart de la vitesse réelle. »
Matthew Graham, Caltech
Ce « ralentissement cosmique » s’avère bénéfique pour les scientifiques, car il leur permet d’analyser plus en détail les processus complexes à l’œuvre lors d’un TDE. Les TDE au sein des noyaux galactiques actifs sont généralement difficiles à détecter. En effet, un trou noir supermassif, tel que Sagittarius A* dans notre propre Voie Lactée, émet déjà un rayonnement considérable, masquant souvent l’éclat d’un événement stellaire individuel.
L’étude de cette « valeur aberrante » cosmique promet d’améliorer la compréhension des interactions entre les trous noirs supermassifs et leur environnement immédiat, en particulier dans l’univers primitif.