Home Accueil Politique d’asile : Friedrich Merz prône les expulsions vers la Syrie

Politique d’asile : Friedrich Merz prône les expulsions vers la Syrie

0 comments 40 views

Publié le 2025-11-03 19:22:00. Le retour des réfugiés syriens en Allemagne suscite un débat au sein de la CDU, entre optimisme sur la fin de la guerre civile et préoccupations quant aux conditions de vie sur place. Parallèlement, le ministre de l’Intérieur maintient sa volonté de procéder à des expulsions de criminels.

  • Le président de la CDU, Friedrich Merz, estime que la guerre civile en Syrie est terminée et que les conditions pour un retour volontaire sont réunies.
  • Le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, exprime des doutes quant à la possibilité de vivre dignement en Syrie, contredisant en partie la position de son parti.
  • Le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, insiste sur l’accord de coalition visant à expulser des criminels, y compris vers la Syrie et l’Afghanistan.

Friedrich Merz a affirmé qu’il n’avait « pas d’inquiétude générale » concernant le rapatriement des réfugiés syriens, déclarant que la guerre civile était achevée et qu’il n’y avait « plus de motif d’asile en Allemagne ». Il a suggéré que de nombreux Syriens souhaiteraient retourner dans leur pays pour participer à sa reconstruction, tout en n’excluant pas les expulsions pour ceux qui refuseraient de rentrer. Le ministère fédéral de l’Intérieur étudierait d’ailleurs la faisabilité de l’expulsion de criminels syriens.

« Ce pays a désormais besoin de toutes ses forces, notamment des Syriens, pour reconstruire le pays », a ajouté le leader de la CDU. « Nous savons qu’un très grand nombre de Syriens souhaitent également rentrer chez eux, nous encouragerons cela et nous aiderons également le pays à se reconstruire rapidement ». M. Merz a même invité le président syrien par intérim, Ahmed al-Sharaa, en Allemagne afin de discuter d’une solution commune à cette question complexe.

Un ministre des Affaires étrangères dubitatif sur le retour

Cette position contraste avec celle du ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, qui, suite à une visite dans une banlieue de Damas détruite, a estimé que les conditions de vie ne permettaient guère une existence digne. Il est à noter que le ministère des Affaires étrangères émet officiellement des mises en garde contre tout voyage en Syrie, invoquant une situation sécuritaire instable et la persistance d’affrontements armés dans diverses régions du pays.

Malgré ces réserves, le ministre fédéral de l’Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) a réitéré son soutien à un renforcement des expulsions vers la Syrie, déclarant que des préparatifs étaient en cours. Il a également souligné son intention de faire respecter l’accord de coalition qui prévoit l’expulsion de criminels vers la Syrie et l’Afghanistan.

Cette divergence au sein de la CDU a suscité des réactions. Des responsables comme Sven Schulze, leader de la CDU de Saxe-Anhalt, ont rappelé que la fin de la guerre civile rendait inutile la fuite, et Günter Krings, vice-président du groupe parlementaire de l’Union, a jugé que le degré de destruction d’un pays ne constituait pas un motif valable pour justifier des expulsions.

Le porte-parole adjoint du gouvernement, Steffen Meyer, a tenté de minimiser ces différences, affirmant qu’il n’y avait « pas de désaccord ni de contradiction du tout en termes de contenu ». Il a insisté sur l’importance de stabiliser la région et de faciliter les retours volontaires, tout en précisant que les expulsions de criminels vers la Syrie seraient possibles dans le respect de la légalité et après évaluation de la situation locale.

Accords d’expulsion avec les Talibans

Par ailleurs, Alexander Dobrindt a annoncé que l’Allemagne était sur le point de conclure un accord d’expulsion avec les Talibans, groupe dirigeant l’Afghanistan. Il a précisé que le gouvernement avait déjà commencé à organiser des expulsions de criminels vers ce pays par vols réguliers. Ces démarches, tout comme les négociations avec le gouvernement taliban non reconnu internationalement, suscitent des critiques, notamment de la part des organisations de défense des droits de l’homme, qui pointent du doigt la forte détérioration de la situation des droits humains en Afghanistan depuis la prise de pouvoir des Talibans.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.