Home Sciences et technologies Pourquoi la musique sonne mieux sans streaming – Vendredi

Pourquoi la musique sonne mieux sans streaming – Vendredi

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La fin des abonnements de streaming musical peut sembler paradoxale à l’ère de l’accès illimité, mais de plus en plus de mélomanes réalisent qu’ils en avaient assez de payer pour un service qui les éloignait de leur relation avec la musique. Une décision motivée par des considérations financières, mais aussi par une envie de renouer avec une écoute plus attentive et consciente.

L’automne dernier, une simple addition a suffi à convaincre une internaute de rompre avec Apple Music et Netflix : 300 euros par an (environ 325 $). Un montant qu’elle ne dépensait jamais pour des CD ou des DVD, et qui l’a poussée à reconsidérer ses habitudes d’écoute. « Je ne dépenserais jamais autant d’argent en CD ou DVD », explique-t-elle.

La transition s’est faite progressivement. Plutôt que de cliquer machinalement pour ajouter une chanson à une playlist, elle a commencé à se demander si elle aurait encore envie de l’écouter dans quelques mois. L’achat d’une chanson sur iTunes coûte désormais 1,29 euro (environ 1,40 $), un album 10,99 euro (environ 12 $), un prix comparable à un mois d’abonnement à Apple Music, voire moins cher sur Spotify. L’attrait initial du streaming résidait dans son coût réduit par rapport à l’achat individuel de morceaux, mais cette logique a fini par se retourner contre elle.

Selon l’internaute, le streaming transforme la musique en un simple bruit de fond. Elle se souvient d’un abonnement étudiant à Apple Music, il y a plus de dix ans, qui lui donnait accès à l’ensemble du catalogue Apple pour seulement cinq euros par mois. Une offre alléchante qui l’a rendue dépendante, comme beaucoup d’autres. Les plateformes, une fois qu’elles ont attiré un client avec une offre avantageuse, savent le retenir.

La résiliation de l’abonnement a entraîné la perte de près de dix ans de découvertes musicales, des albums classiques aux playlists rock en passant par la K-pop des années 2010. Mais elle a aussi permis de réaliser que les chansons et les albums qui comptaient vraiment n’étaient pas si nombreux, et qu’elle n’aurait pas eu besoin d’une année entière d’abonnement pour les acquérir.

En réécoutant « Born to Die » de Lana Del Rey, elle a redécouvert une intensité perdue. « Chaque accord, chaque mot, chaque parole ironique m’était aussi familier que si je l’avais entendu pour la dernière fois hier et non il y a des années », témoigne-t-elle. Cette sensation de plongée totale dans la musique, qu’elle n’avait plus ressentie depuis longtemps, est revenue avec la décision d’acheter consciemment et sélectivement les morceaux qui lui tiennent à cœur. Une écoute privilégiée, non plus dans le métro, mais chez elle, dans le salon, ou peut-être bientôt sur la pelouse d’un parc.

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